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jeudi 4 juin 2015

L'Ibernazione estiva nobile

Global Swarming of Nevi Eterne

395_ Ibernazione ou terrain d'hivernation ?
Catéchiser les infidèles à la léthargie,
qu'il fallut ériger en nouvelle religion,
n'exigea pas des romanes surcroît d'énergie.

(Certaines langues sereines, orgueil des nations,
comme l'italien du nord, n'embarrassent leur génie,
d'un bêtacisme blanc, prières d'élévation,
rampant sur les bouches promesses labiales élargies.)


L'Hivernation, ou l'ibernazione vélaire.
Quiescenza, lungo sonno, revenons au sujet du jour, celui qui laissa tant de bords sur la route qu'à la fin l'hiver lui-même ne se rappela plus par quel chemin sortir du fort de l'été. Et renversement.
Blasés, les journalistes se passionnèrent.
Il y avait des changements de clameurs dans l'air.
Signes critiques d'une belle époque ou sinistres climactères ?
Affiché ou volant, un drôle de manifesto.
La capitale ne reconnaissait plus sa louve de son irredentistico,
pour ne rien dire de son vicaire.
Arrivée deuxième, tout de même, la bête Beppe Grillo.
Depuis quelques années, il neigeait sur Rome (coeur éternel de la saison locative des poètes décharnés et maculés d'or de boue.)
(Ne sont jamais dans cette contrée loin ni près, les modernes Baudelaire.) Attendez, entendez-la bien, la chronique veut signifier qu'il pleuvait du coton au mois de juin.
Blizzard, tempête, cascade concrete de millards de flocons, vent debout,
l'Aventin ressemblait à la Snoqualmie Pass un jour où Vulcain
fait l'amour à sa forge devant la glace et trempe son marteau dans l'eau qui bout
pour trapper les peaux de la monnaie blanche d'hiver.
Frappement des sequins, nouveaux francs italiens à porter, frais de traces, sur le grand blanc des baptistaires.
Les financiers français firent un geste et rachetèrent en masse la Belgique au Frère Albert,
les écrivains du bot bizarre, que la Gaule antique avait mis au banc, ne voulurent paraître en reste, il faut toujours que la gent littéraire mime les comportements humains
les plus virils sinon les plus beaux.

Lungo sonno, quiescenz', réversibilité ?
Même les sciuridés du genre spermophiles
trompaient le grain du voile d'invisibilité
qui gainait de toile le sommeil italophile.

L'estivation, portée haute à la mode française,
gagnait chaque belle année un peu plus de Turin,
sur Tibérine soufflait l'esprit de saint Nicaise,
les Normands savent se faire du froid les voiturins.


__ Bon, écoutez mon vieux, c'est bien beau votre histoire d'hibernation estivale, mais qui obère quoi, quoi abhorre qui, qui sont ces celtes ibères latinisés qui se prennent pour Tibère dans les rioni les matins blêmes du mois de juin, et pourquoi juin d'ailleurs ? Vraisemblablement pour rien, hein, vous n'allez tout de même pas encore nous faire le coup du Deserto Dei, vous nous prenez pour des Drogo bouffis d'angoisse ? Arrêtez de nous bourrer il sedici avec le thermomètre de votre moi alexandrinophore qui de toute façon la prosodie froisse, vous voulez dire quoi, que le global sleeping est endémique à Rome depuis l'installation des francesi ? Qu'avez contre le sommeil des Justes ? Hitler et Mussolini ne juraient que par "l'éveil", le "réveil", relisez leurs affiches électorales des années trente et vingt, monsieur. Et refermez donc la fenêtre, on se pèle le jonc dans les rues de la Ripa depuis que les Rouennais (ou les Caennais for that matter) suiveurs de Mellon, l'auguste évêque, viennent l'été se taper ici l'incruste.

Vous avez raison, mon ami.
Je ne jure moi-même que par Janequin
et son chant des oiseaux, à mon coeur endormi,
seul recevable en juin

n'empêchait qu'il neigeât.
Les stendhaliens surets ne voyageaient qu'en train,
les plus mûrs prendraient l'avion comme c'était déjà
le cas pour les sartriens.

Eccoli.
Ils vinrent presque tous,
qui avec son Roquentin, qui son mousse,
en grand équipage ou simplement accompagnés d'un bon ami, voire d'un cousin vague.
L'Ospedale San Giovanni Calibita
est aujourd'hui l'une des meilleures cliniques de la capitale
et son personnel, aux mouvements vifs dans les blouses blanches très légèrement saumonées, jamais ne divague
pour tomber dans cette curieuse manie (serait-ce une ruse ?)
d'élever en pot une solitaire orchidée, toujours un peu crâneuse à dévoiler tous les soins qu'on lui prodigue, de ceux qu'exigent l'entretien d'une femme fatale, ou celui d'un berger des Abruzzes, mascotte du 55th precinct des pompiers de New York City, Astoria.
On les voit parader sur le zinc des bureaux de chaque service hospitalier administratif parisien ou de province.
Écueils d'une passion des sévices jadis aux poissons rouges réservée. Envie de lancer sur ces fleurs des madragues,
de les sortir de là avec mes pinces.
Chez les Fatebenefratelli, au moins soigne-t-on les ancolies
et recueille, dans les aquariums que les eaux du Tibre rincent,
les raies pastenagues.
Fra Edelio la blanche aube revêtit, et se laissa pousser barbe pleine.
Le blanc et son écume d'argent, un fait scientifique autrement plus patent que la simple manifestation d'un style, rassurait les gens, donnait du sens et du caractère aux gestes des praticiens de la Nouvelle-Saint-Louis-en-L'Île, chacun s'accordait pour le dire, rebouteux des montagnes comme médecins de tradition de la plaine.
La légende blanche du Frère s'étendait ainsi, souterraine, du Fumaiolo jusqu'aux eaux du Lazio.
Mêmes glacées dans le cheminement serpentin des livres de Sibylle, toujours profondément enterrés sous le mont Palatin, les nuées ardentes du savoir d'Esculape fondaient science utile à même le socle d'une roche dure comme l'inouï et branchaient sur le réel édelien le décuplement de la sape éléphantesque de ses ratios.
Tous vinrent ou presque,
qui avec son Marsay, qui son Malin,
purs représentants de papier ou mus dès l'origine par leur nature bloguesque,
ils arrivèrent par paires, comme des personnages de Balzac qui auraient lu Alain.
Eccoli.
Le Traitement.
C'est lui qui les attirait.
Les auteurs, séduits d'avance, comme les recettes d'un cinéma non soumis à la loi du hasard (qui vit passer tant de squelettes dans ses placards), semblaient conduits par la seule nécessité.
Éléments de joie, non mélangée, d'un acte de foi, feu complémentaire ranimé de cent continués serments.
Complaire, sous les ciseaux de la vie, une fois de plus à la destinée de son moine-habit qui depuis toujours gardait belle contenance et dont belle coupe toujours s'annonçait.
Fra Paulo dell'Edelio aux mains d'orant savait gâter son clan.
De conserve avec un certain dottore Baratilla (MD, Flinders U., Adelaide, Austr., ~1976), un médecin des écrivains de la République de Venise chassé par le Doge éditeur vers 1985 alors qu'il s'apprêtait procéder à l'extraction -- en vue de leur compilation dans un cartulaire herbier --, pile à l'heure de la chouette de Minerve, des poils d'un auteur roux décédé vers minuit dans la thébaïde du quartier interdit des chantiers d'écritures navales, pratique, hélas pour lui, rigoureusement prohibée par un édit fondamental datant du 13e siècle, le frère camaldule Edelio mettait à disposition de sa confrérie un élixir dont l'officielle posologie reposait sur la mise en poussière de composés d'ailes de thècles du prunier (version forgée visant l'obtention des brevets auprès des autorités, procédé validateur digne d'un cynique prompt, du bidule, à tout obscurcir, mais fort réducteur, comme nous le verrons peut-être plus loin d'un peu plus près) qui, essayé sur une chèvre alpine, paraissait tenir ses promesses et même beaucoup plus s'il faut en croire, des temps nouveaux postérieurs au traité de paix, la clandestine chronique de l'Île de Tibérine.
Le chanoine aubin galopait devant et laissait filer bonhomme de train aux gens derrière.
Une fois franchie la barrière du manège éteint par le gel, il fallait se frayer un chemin à travers le dôme des congères toisant l'igloo des glaçons charriés à pelles par les goulets du Trastevère.
C'est par une porte en verre soufflé de la ville de Molay que l'on entrait dans les caves aux murs de chrome de la basilique San Bartolomeo.
Les plus vieux des visiteurs se souvenaient alors de leur passé folkeux. Avaient l'impression de pénétrer un sanctuaire
bâti sur le modèle rustique de la chapelle déconsacrée du fils Guthrie, Arlo.
Ils se sentaient littéralement aspirés encore par les filins de queue
des paroles sacramentelles reçues à travers les micros et haut-parleurs de cette étrange manière de Vatican,
lorsqu'ils quittaient les lieux,
après une ultime fois s'être rendus souper au réfectoire des moines, collation servie dans des écuelles d'argent
sur des tables nappées de carreaux en lin, blancs et rouges comme des cétoines qui joueraient les marjolets afin d'empourprer les cieux
du Levant,
oui, mon Dieu, comme cela ressemblait à l'Alice's Restaurant,
sauf qu'ici les Douanes pouvaient en fouiller, Dogano Nox, le trésor captieux,
de jour comme de nuit, scribain secret des écrivants.
Le cours des choses accélérait le moteur de l'hiver que l'on aimait prédire chaud.
Déjà monté de tours et nivôses d'un tempo haut,
le rythme de nage, savant mélange, brûlait l'atone et le dispendieux,
dans la cadence, mad paradox, d'un ballet nô,
le service penchait vers un mariage beaucoup plus harmonieux.
Les maîtres d'autel, aréopage de manteaux abeillés de bandes molles à la mode osque, portaient des casques à rubans
et volets plumés de bleu.
Ils avaient des auréoles
au-dessous et au-dessus des yeux.
Les fards qui les cerclaient usaient de stirine
sarclée dans les champs d'antimoine
d'Alexandrie que nonnes et convers de Tibérine
tamisaient après les vêpres jusqu'aux valeurs les plus fines d'un patrimoine.
Le GIEC nous mentait-il, nous spoliait-il
de la vérité ?
Pour les avitailleuses et les avitailleurs italiens de l'île,
rompre la glace sur le chemin du port d'Ostie jusqu'au Ghetto,
était de plus en plus difficile.
Le grand capital de neige accumulée sur les lieux de charité
barrait, sans encore l'ôter,
l'accès à toute viable idée de citadine continuité,
qu'être au cœur de l'or blanc des mâchoires d'un implacable étau
dictait l'enfoncement dans la poudreuse de ses farines
mais ne ruinait pas les forces de la commune attraction
quand il statufierait même la commande des ponts dans les souffles ribauds
d'un hiver au comble de la joie d'avoir sans beaucoup de frictions
conquis par la voie douce farouche insularité.
Les livreurs, du facteur au boulanger, ne voyaient plus s'élever, de Tibérine,
l'impassible tréteau,
dalle fabuleuse d'une île dans le brouillard du Tibre dont le lit,
déchiré par les coups de raccrocs de sa banquise fluviatile,
semblait s'enrouler autour du portique d'Octavie
dans la vapeur arctique des condensations
de son marché aux plies
et chabots.
Commençait à fondre leur légendaire patience de romains gorgés d'inoubliables étés.
Les Mattei leur laissèrent jouissance des nautiles
de la fontaine (gelée depuis le premier jour de juin) des Tartarughe
afin qu'ils s'en servissent comme point d'appui, promontoire, ou simple escabeau,
et réverbérassent, à l'aide des tuiles de leur carapace, un peu de soleil fertile
qui aurait, dans la brutalité des changements éprouvés,
d'anonymes atomes de chaleur su conserver,
pour faire se dépâmer de Bartolomeo les toits, dépossédés
alors que le vent les mutile,
de l'habituel honneur de vues éclatées sur le Mont Testaccio.
Les vents soufflant au nord étaient chauds.
Cette stase sanguine du climat les Transteverins
ne l'expliquaient pas.
Eux qui savaient toute chose, le manque de circulation dans la saisie de ces phénomènes hautement jupitériens
les mettait dans des états.
Ils allaient et venaient sur le Gianicolo,
montaient offrandes à l'un des dieux romains
déjà des plus complexes en soi, Janus le roi des calendes, frère de Mater Matuta.
Les voilà les enfants de la toundra
courant doubles-fonds et bi-plafonds d'un étincelant cachot.
Les heures et les mois semblaient s'être ligués pour ne plus tourner sur leurs gonds.
Les eaux vides ne creusaient plus les veines des clepsydres,
la glace, éprise de l'axe du temps, serrait la gorge de ses rouages
comme Caligula peut-être jadis étouffa
la jugulaire de son père adoptif sous l'édredon.
Ni Tibère ni Macron ne se remirent des soufflets du gant de l'hydre.
Le printemps, ce premier juin 2015, lui non plus ne faisait son âge.
Les modernes italiens
durent se résoudre à changer de bottines
et chaussèrent des Nordica
pour ne pas finir les pieds transis comme Agrippine.
Ovide ou Cicéron ?
Varron ou Parménide ? Laisser le choix au choix n'était plus temps,
il fallait bien se soumettre au risque de modifier en amont
les paroles du Chant des Saliens.
Leur paraissait troublant le mélange des Saint-Jean,
Carna en juin, Janus en janvier,
canicule sur le Janicule ou vents froids du khamsin
brûlant d'une carnatique musique de carnage,
les saisons d'hiver et d'été voulaient-elles montrer
qu'elles fusionnaient les parèdres sur le dos
des octaves de leurs claviers ?
Cette colonie de moines-travailleurs français devenait tout de même,
comme l'îlot tout entier,
une diabolique épine,
pour les locaux habitués à romaniser en rond.
Elle déchirait de sa pointe le bel équilibre du nouveau carême
(trouvé après mille essais financés par les édiles du quartier)
qui fartait de ses graphites et térébenthines
les semelles des skis, recouverts de peaux de phoques blancs,
(ces mammifères subreptices ayant le don
de se faufiler dans le cadre du moindre petit tableau ouvrant
sur n'importe quel chantier,
pour faire fructifier leur échouerie transalpine)
qu'utilisaient dans la glisse vers leur nouvel étant,
les gens de Tibérine.
Soudain ceux-là retrouvaient instincts et grâce de chasseurs
au coeur
d'un été presque né déjà moribond.
Fra Edelio souriait.
Il aimait en miroir voir saillir l'ivoire
des dents du peuple romain
dont il avait tant apprécié pouvoir s'en dire enfin le descendant.
(Les habitants lacustres ne lui en voulaient aucunement.)
Le global swarming of nevi eterne qui les excoriait,
devait surgir du puits d'un quelconque lointain châtiment
résultat d'une mauvaise dette de jeu de défausse
acquise lors de la conquête par les légions de Drusus le Germain
du pays de Kierkegaard, contrée fouillée de cluses en causses,
afin qu'elles y découvrent les fabuleux gisements
de Timore e Tremore, clés vibrantes des anamorphoses
ouvrant les magiques échanges thermiques qui les folieraient,
elles et leur chef, gens de sud, au moyen de la métempsycose,
dans les couvertures de l'âme de l'homme du nord amant
de la douleur et de la raison qu'enveloppe la passion des carte
et des lettres écrites hors le champ
des duels qui mettent habituellement
aux prises les fulgores du salut et les faux luisants
de la confortable pose.
Le moine commandeur signait d'ailleurs volontiers
ses prescriptions de lecture du nom de Fra de Silentio,
les patients qui n'étaient pas fréquents
ni dévoués dévorateurs de l'oeuvre du Danois
pensaient qu'il faisait cela pour l'amour du secret, héritier
de mille correspondances privées qui tournoient
intactes entre les pales de la difficile climatisation du patio,
au milieu de l'île romaine qui, au fur et à mesure
de l'usure
de ses étiers,
se montrait aujourd'hui
fort aguerrie
dans l'exhibition des fumerolles à pavois,
hardis boucliers, le brouillard de l'immédiateté des étés disloquant.
Skweech, chuuui, tchek-tchek, vit', wet.
[Émissions de la chouette harfang
patte attachée, noeud d'alouette,
l'anneau de marine la griffant.]
Le Pèlerin rapace des proies s'appelle Anfang.
Fra Edelio, grand admirateur du règne animal,
l'avait ainsi baptisé en hommage à la langue
du Schwarzer-Franziskanerbruder Martin Ein für alle mal
Heidegger, un ancien païen convertit à la littérature alors qu'il semblait perdu dans la gangue
pétro-philosophique d'une idéologie complètement asséchée dans les couloirs déserts de ses glandes lacrymales.
Maillée menue sur le bureau la chouette était utile, déjouait les crispations à lents tourments.
C'était un oiseau malin. Bruder Günter, l'érecteur de conscience de Fra Edelio, l'avait recueilli blessé pendant la guerre sous la chenille d'un Tiger (ou d'un Panther ?) puis soigné sous l'aile de la panthère (ou du tigre hère ?) qu'il promenait au bout d'une laisse dans les travées et les fossés des monastères, lieux fréquentés par lui depuis le zéro noir absolu de l'aube et des aurores qui n'en avaient jamais fini d'émettre le bruit fossile de l'avertissement des perpétuelles renaissances de la Terre de Baffin, sol des laves et fusions chronomètres des nivales nouveautés adamiques. Il rejoignait ainsi par les actes et la pensée Daniel et Saint-Jérôme dont il poursuivait le magistère.
Fra Edelio nourrissait une énorme affection pour elle,
car, disait-il, "elle soulage, par sa présence, de toute pression qui encapsule l'appareil circulatoire du visiteur vierge,
remet d'aplomb son emballement artériel,
lui permet, alors que son regard croise le rayon de velours
de deux yeux profonds, charbonneux comme le Néron, prunelles qui dévorèrent l'aura de tant de vautours,
d'envisager le
traitement dans la douceur d'un commencement non brouillé par le ton d'inquisition, digne de Sauron, propre à de plus ordinaires concierges."
Cet harfang des neiges italiennes (que des infographistes de Tibérine
programmaient afin qu'elles devinssent déterminément éternelles),
serait un jour le félin volant d'un autre Saint-Marc qui édicterait la doctrine
de la Nouvelle-Venise, car toute lagune est mortelle
comme l'écrivait encore récemment le chanoine Spengler, sempiternel
docteur de la foi des années juliennes arrivé, hors embâcle de juin, -- sur l'île qui ressemblait de plus en plus au Québec de Lachine,
ou de l'Estrie un mois d'hiver --, à bord d'un prao chargé de démouleurs de masques portuaires et accessoirement mouilleur de mines.
Le Grand ordonnateur tibérinien développait un autre fol amour.
Subissant l'attraction des janitors, il sublimait bedel et bidello,
donnait des bals pour l'honneur des femmes et des hommes de fond de cour.
Avait la passion des bedeaudes et bedeaux,
et dévouement extrême pour les officiers de conciergerie
en général.
Avec le dottore, ils étaient parvenus à créer dans leur souterraine bergerie
deux janiceps qui gardaient aujourd'hui le passage vers le Bedlam Hospital,
lazarett interdit où l'on pratiquait la clonazione littéraire dite sans retour.
L'Esprit du cybernétique Orthos de Cerbère (traité pour la Grande Sibérie,
déperlant à toutes hivernales intempéries) avait vu ses diverses plaies seringuées par aspersion de liqueur prise à la rouge couronne Decheret
de la chèvre alpine,
petite caprine des caprices à tout faire dans les échelles de songerie,
afin qu'il propose aux prétendants îliens nouveau mythe à fort sentiment d'appartenance néo-romaine et cela dès la chambre d'appel, digne de celle de l'église d'Aubeterre, sise au seuil de la basilique troglodyte, foyer central de Tibérine.
Les deux chiens (en fait un seul animal biface), se nommaient
Vah Ben' et Vaphar Ankh',
remués d'or à la pelle, élevés sur le mont Janicule aux sciences de l'arrêt,
comme deux colonnes de feu couvrant les arrière-criques de Rouet
qui bord à bord carénèrent,
lors de la dernière
glaciation les caps chemisant les méditerranéennes calanques
et leurs premières grottes romanes
d'une ceinture blanche et large, ultime dan
de l'adaptation tectonique
au mystère
de la Terre
pour les montagnes, encore très secouées par les souvenirs d'une période passée sous l'Orosirien, et leurs sommets.


Suite et fin à l'aube (du 18 juin.)
Tout sur Fra Edelio,
barbe pleine et chemise probe (près, loin des couleurs de l'arlequin),
et son secret habitus sur l'île de la basilique de San Bartolomeo.

L'Île Tibérine avant l'arrivée des écrivains français

mercredi 3 juin 2015

Remembrance of Blogs Past


394_Le Nostromo sans l'Edel-Homme,
c'est comme Rome vidée par les Ostrogoths,
on s'ennuie, on rigole, s'emmêle, mâchote nos mégots,
on s'immole à boire du cidre sans pommes, 

s'inonde d'immonde hydromel rogomme,
simule l'amour jusqu'au minuit potache,
 fait des farces à Marcel Ash,
le droïde littéraliste qui se prend pour Proust,
néo-
ancient mariner sidéral aux moustaches

 de langouste,
seul et plastique avec sa bite et son eustache.

Lui plantons nos USB dans le dos
puis écoutons en boucle ses commentaires.
Courant suspendu, beau manque de ström,
intraitable attente dans les bibliothèques Boost.
Fouillons alors les archives du vaisseau 
et, en bons colocataires
lieutenants des relais,
nous repassons les vieux posts et articles pour nous distraire,
en replay.
À nous faire oublier tous nos mots.
Nous échangeons moult free-hugs sans attaches
que nous effaçons tout de suite à coups de gomme.




Cryogénisation de "près, loin", latente.
Là où il y a du plaisir lointain, il n'y a de proche gêne.
Les commentateurs sont dans l'impasse et l'hypoxie
d'un désir taxi de biomasse gazogène
brûlé dans les alcools et les esprits
implacablement démunis par l'attente
qui faiblement gaillarde pourtant encore les oxygène. 



Vicino, lontano.
Cosa mentale la meteorologia ?
Un' giugno bianco
è un' giugno nero,
o viceversa.
(Voir supra le 395.)

samedi 16 août 2014

D'épaule et d'aile

339__  Amer choix : Aimer son blog de toute la force
de son endurance

ou lui donner une entorse
et partir en vacances ?


"Blog en vacance,
écrit en grosses lettres
sur le mur, invitait les passants
à pendre leur chemin de patience
 à leur cou,
pour le laisser paître en urgence
dans l'estive de quelque fenêtre
ouverte sur l'estran
 d'une béance,
reflet du mystère de la rivière Maine,
de huit semaines,
avec vue sur Le Faou."



Les gens, inclus les habitants de la planète Zog, ont fort bien conscience de la charge que requiert d'un blog la lieutenance. Ils ont aussi le droit d'exprimer la prescience, à la divine puissance analogue, qu'elle ne peut prétendre à vacance. Les blogueurs ont aussi des devoirs qui les avancent, la transgressive envie d'embrasser des écrevisses de la rivière Sog, d'électrolyser par la queue des homards bleus en transe, de dévorer des escargots et de sucer des cuisses de frogsn'est pas l'excuse qui vient répondre du désir de fuguer au point de tangence. Les blogueurs font preuve de beaucoup d'assurance en rédigeant leur propre Décalogue. Que l'on sache, Tu ne blogueras pas pendant les étés de la flamboyance, n'est pas gravé en lettrines de voeu sur les couronnes de leurs chapitres couleur garance. Or, "Près-Loin" était en vacance et laissait ses lecteurs sous le pont d'une ombre vassale du fantôme des docks de Port-Navalogue, enveloppés dans les trempes de la titubance du smog, drapés jusqu'aux eaux dans la fumée des hélices de la traîne de l'été, par transparence. D'épaule et d'aile, l'archange avait volé vers l'ouest comme un oiseau s'élance, son blog n'avait pas migré vers cette autre plateforme aux étranges catalogues, il est resté sur son socle et n'a pas mis sa démission dans la balance, privé de voyage, il garde ouvert l'oeil de la voyance, rayé des cadres du travelogue, il rêve à l'inaccessible Mont Analogue, les Paul Edeliana sont comme les Americana de la post-moderne Renaissance, mais à quoi bon être à son poste lorsque l'amiral commet une absence pour voguer à vide abyssal vers les bords de l'été dont la météo change à plaisir tous les logs ? Les UrBlogger racontent que les blogs vivent mal ce défaut de relance, certains ne supportant pas de voir affrétée la cale sèche des loisirs montés nus sur les collines de l'inconstance, à la grande hogue, ne se remettent pas d'une situation qui ressemble à l'hiver, faute de repentance, et vont jusqu'à se perdre dans la lande de Basker ou Villerville, ou celle de Deauville, (dans ce cas précis guidés par un élémentaire principe de prudence), chassés par la brume au souffle des dogues. Maïmonide nous l'avait dit, il y a deux sortes de blogs comme il y a deux classes d'anges qu'il encense, les permanents et les périssables, seuls les premiers résistent à la penance de la pression d'un site déserté rendu à l'inactivité des pascals et des millibars d'un vide pendable sans conductance, c'est ce qu'il appelle l'effet Casimir, aux dures conséquences, pires que celles des images montrées par Carpenter dans son Fog, sans parler des séquelles de La Fin du monde, d'Abel GanceLes commentateurs viennent consulter la page d'accueil, tous sens en éveil à force de lutter contre l'aimant des écueils, et s'agglutinent dans la salle d'attente avec la thermos d'un bon grog, les femmes chavirent, se dévêtent, fondent lascives sur le divan en l'absence du maître et s'endorment écrivant dans leur tête des poèmes à la gloire d'un rogue Eros, héraut de nouvelles romances, les hommes humectent leurs lèvres et livrent lecture de fines églogues, ils ne pensent qu'à verser laitance de leur intellect rendu mol dans la colle de jours d'été qu'on jurerait nordiques venus en pirogue depuis Copenhague ou même Elsinore, selon leur consistance sinon leur prestance. Les ombres danoises dissolvent les bogues de la lumière grainée en petits lacs de tumescences que les murs renvoient comme l'hévéas de l'arborescence des sephiroth, gris-glacier, teinte sublime de la Hochma et des limousines allemandes vendues en France, l'interprétation de ses faibles commas, l'intelligence de ses fines luminances, deviennent une drogue. Le propriétaire des lieux eut beau fermer l'eau des canaux de l'habituelle fluence, quelques fuites se produisent dans la soute où frétillent encore de jeunes commentaires nageant dans le jusant d'une ebbe en partance vers la terre des géants du roi Og, Deus ex-Sàbahot de la loi, souverain des blogs en manque de foy, abandonnés aux sables mouvants du temps des étés de l'ancienne concordance. Nos aînés écrivaient pour des âmes vacantes, comme l'encrait un Sartre an-idéologue. Blog en vacance, parti dans l'air de l'été, sur l'aile et la branche de sa brittonique Armorescence.