Poèmes immémorés

PAST MERIDIAN
Coupes de poèmes par trop tôt tardifs
taillis revenus d'ailleurs
bois non soumis au droit de lots
et autres reventons



   


Mardi 16 juillet 2019, 5 am.

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        Impulsifs, les pieds du Christ sentaient le bon fond des gens.  
        A l'encontre des voraces appendices de Sciron le sanguinaire qui poussaient les voyageurs d'avant l'Histoire à la faute en exigeant d'eux qu'ils frottassent du maître le coup de tête, ils le toucheraient bientôt de la pointe sans se faire mousser avec la même grâce qu'ils avaient mis hier à masser sur le pouce la plante du souffle afin que le pas de l'eau marchât vers le vent de la Terre, dont certaine langue portait au déchaussement instantané les Géants. 
        Pattes ventousées sur le sel de myrrhe, nos batraciens querelleurs remettaient quelque chose au devoir des humains qui, de schématiques Marcheurs vers la mort, romanesques, redevenaient, sur ce fleuve Amour de senteur lente comme il seyait au Levant, droit dans le grand goulot de la soude à son débouché, lampées de fides gorgés et d'amicitia saouls. 
        Tous, livre ouvert et cœur poncé au ban de leur sauna - son magnifique cloaque de la neige qui fait qu’au-delà de la dernière conduite, l’ultime colonne, elle sent toujours blanc, l’émet intact, comme si les ultrasons de la pestilence effondrée n’avaient traversé que le rayon de son enveloppe, atomes de leur volatilité cloués au sol -, voulaient se voir fouler, en esprit comme au soma, la raison de l'exacte odeur du plus mort qui n'était, pouls faible du rêve de la vie perspirant encore, elle aussi qu'endormie. 
        Pour qu’à leur front se remodèle quelque inconnu facteur de suée, une émanation de gouttelettes qui vaporiserait le mucus vestigial d’un index, qui restituerait  le nombre exact de l'avalanche des ossements évanouis, crâne arborant des marques distales suivant un tracé de charbon aux touches positives en arpèges sur les parois de sa caverne, comme un ombreux Noa Noa de papier d’Arménie du roman de jadis aujourd’hui désarticulé ou peut-être dissous. 
        Vécu comme un impôt sur le terrain du carnaval des tarses, du talus macérateur absolu, l'écrasement d’un humus qui ne tendit jamais aucun cachet lorsqu’on le dessoucha du clos de son jardin empreint de carpes au revers du désert qui échoua le déjanter de son piedestal, lui, nard sauvage, grande valériane générique, pénétrant nu dans la chambre aux extraits d'huile, porte roulée sur le suint, sur les baumes engrenée, relevant encore d'un éperon qui fait que les narines se dilatent au dos du vent de la nuit rayée, un Golgotha creux géographe d'un ex-domaine romain, de son essence abstraction faite,- hormis. 
        Caryotypes des ébènes de l’École Boulle dont les dessins en croix des arômes furent taxés de scolies, de phéromones bottés en bas de page, cunéiforme expression du poids des orteils de Dieu sur le feuillet vierge dont il faut démolir l’essence à coups de chiffons toilés d'amiante, briser la voûte qui tombe et les enterre dans un cri ressemblant à celui de la lance, de la dance faire rompre l'encerclement de panthère, leur sceller les pattes hors contexte de la distribution des sols, avant qu'on les laisse désigner comme fous. 
        Ce mariage invincible des paumes qui brûlent à la surface d'une joue, calme expression de sa joie lisse, dépose le film de peau d'un boson ardent sur le sourire d'univers de la maison de l'Emmaüs charmeur, gomme de l'Armor à l'empreinte du ciel, béat, plein fait d'attidudes et d'attentions nouvelles, observe la vapeur des kérosènes de son âme s'échapper par ce corps trempé de lotions, une élation qui s'offre d'elle-même en grand véhicule, des bidons d'émotions émulsives qu'il lui faut à cœur de contenant garder, dont il ne sait si les charnels contours connaissent une fin, si les confins de la  bordée des frontières de la chair ressentent la faim, ni leurs signes d'épuisement, les premiers ciseaux de la panne, la sensation de brûler rend moins l'habituel toucher d'argile et semble se rapprocher du lys au pétale de cuivre, un autre pas sur la terre dont le système de calage depuis le rouge semble moins colossal, arquer les jambes donne une drôle de sensation mouvante, écartèle l'ancienne position globale tant aimée, comme au Béthel du resserrement de l'écart pneumatique entre les deux yeux du bonheur de n'être que piétinement, sous l'arche branchiale d'une mante aux célestes pinces d'os glacés, encendrement sans fumée, comme le carbone des mines d'Oignies qui s'espace dans les fours de verre noir à Fourmies. 
        Copie des feuilles de résine du palmier oliban qui s'enroulent à la tombée de leurs doigts, ainsi qu'elles le faisaient plus tôt autour de la nuque, émeuvent les flammes sensibles au toucher de caoutchouc de leur coule. 
        Ses hangars à brûlis, 
        La houle des pistils du safran des prés peigne le linge des prêtres qui, lavés de près, déversent une tension nouvelle sur une brouille de surface aux souvenirs fétides, essorent puis effacent la grimacerie des reflets dont ils filtrent savamment les exhalaisons filant par rigoles au milieu des soues. 
        Dans la manse ignée du temps. 
        L'immense domaine d'une contre-épreuve en toute clairvoyance par nos moiïtés perdu, abîmable à merci. Embrasé, quoique vieilli, l'homme n'empestait plus le parfum des jeunes fromages en fleur, le mettait à gésir sur le sol vitrifié derrière lui, se dépouillait de ses vaniteuses ontologies capitonnées, jusqu'au capuchon des squames, d'abouliques souvenirs d'encens et autres traces de piètres fumets, incorporés dans des flacons sous étiquetage anonyme comme autant d'anciens expédients.


À Marguerite Duras 

(Trente et quatre ans plus tôt, l'été, parti mille neuf cents, revint quinte battre dans la monnaie du temps, pour renverser quartes augmentées sans les diminuer.)

Sape d'un passé saumâtre.

Après la pluie vient le beau torse Du vent qui rafale à 80

La tête d'Antifer et son droit d'ester.

Sèves de Seine sur la valleuse d'Èletot

écorcent l'albâtre de la falaise à flanc.

Cap de Maure, œil noir, moussent l'oyat et la gorse

Souffles et corps d'un cheval au galop.

Seize fois cinq rougissent dans l'âtre.

Vient l'été quatorze.Deux mille dix-et-quatre.

L'été vingt-quatorze.

Quatorze fois vingt Deux cent quatre-vingts

Double quarantaine pour sirènes rugissantes.

Navire-épithélial à quai Sur la prosodie amère de base 20.

Homère à l'Hôpital des Quinze-vingts

Cellules souches à l'œil du morse

Dans l'arborescent orage Et sa tempête de bâtonnets

L'été mille cent huitante.

Vinrent quatorze étais Border de leur cordage

Le mât du quatorzième été,

Des travailleurs de la mer le borinage.

L'été à l'étrange affect

Regarde à deux fois quarante son vigésimal aspect

(The sea decor that everybody decked.)

Sorbets aux fruits divins.

L'airelle-myrtille, lymphe teint-vin

des sept blancs étés de l'enfant retors aux histoires de baies

qui ne parlent pas de requin.

(Vous dîtes qu'il pleut, on lui demande s'il chante, il se tait, depuis le quinze juin 2014, comme tout escholier d'Otrante, il pleure.)