The horse is a feral forest
Invisible to the coming man, like a frieze of the skies on the moors that its mounted visitors drew in, unconsciously
The forest is a feast of a metaphysical corral
A space for the herd, the mob, their band of grazers, the harems of your timeless seasons
Into the wild territorial passing of its duple galop
The forces of law rest in his loins
The wooden hoof anatomy, plated with some brave mettle, its flank signature suddenly opening a croup d'état in the glade of the Icelandic Althing of yesterday
The somber clearing of its elders' embers that smoldered for years but never took fright
The far-east a de beaux restes, tu sais, "embrace them, babe", says he with the hoarse voice of a tiger, almost
The unrestrained muscle
Of a forest he set in motion
Free falling into his arms and legs
With a great deal of gumption
Requests of a fire to run the gamut of the creaks on the floorboard of its musings
The Great Boston Choir suddenly quieted for good
The birches have eroded their soul in their forearms
They write it warm-blooded, as a mental sinew encoded right on their skin
Like you chew the fibres of your own bark.
Under the transpiring leaves of your white-hot racing hearts before that insoluble ghost rider
À l'origine :
Écrit, versé de soi-même, dans la tête au réveil, un dimanche matin, avec la première phrase qui s'imprimait, bien qu'encore en sommeil, sans rien demander, comme souvent pour ce genre de texte.
Le vendredi précédant, vers 16 heures, j'avais commencé à faire le tour du cimetière Saint-Pierre -- dans le périmètre d'un rectangle forestier qui répétait les ondes du carré de ses rayons, comme une architecture en double-peau cernant le lieu de repos --, lorsque je tombai face contre hêtres, sans oser la prendre en photo, devant une jeune cavalière, bombe, cuissard de leggings, bottes, tapis de selle bleu marine signature d'une écurie, fort courtoise (manège des codes masculin/féminin déjà troublés), montée sur un cheval bai très affûté et au fait de la conduite à tenir, comme surpris à la croisée d'une fenêtre, avec les humains de passage.
Elle me salue, mon bonjour me reste dans la gorge, atone, racheté par un sourire presque arrêté sur sa lancée bien après l'échange de regards, pour ma part gêné, alors que rien ne s'y prêtait, acte de ma machinale émotionnelle bêtise.
Les cavaliers à Chantilly sont la plupart du temps -- lire : toujours -- pleins de respect vis-à-vis des gens rencontrés dans ces moments de hasard.
À la relecture, alors que je ne fis que suivre le petit tract d'une pensée qui, au fur et à mesure, se découvrait sans fard, je m'aperçois que je viens de taper sur l'écran quelque chose comme un poème digne d'un Robinson Jeffers du pauvre hère oisien, affamé de textes et d'images, trop consciencieux pour être honnête. L’excentrique de Carmel-sur-mer que l’on affublait de nihilisme critique posé sur ses vers comme une pierre, de la lourdeur d’un extraordinaire galet polisseur d'obélisques marins d'une civilisation perdue puis retrouvée sous le sabot d'un océan pétrifié, s’était répandu dans les veines de mon oubli des devoirs christiques de l'accueil obligé de son prochain dans les bois.
Ma description d'un cheval-forêt, d'une forêt-cheval (peut-être le prétexte de départ est-il déjà un peu trop grossièrement étalé pour être du côté de la plate finesse ?) retrace de façon appuyée les choses malgré ses phrases détachées du tronc commun qui pourtant ne donne pas sa sève -- contre les effets d'une pure automatique notion illustrative, jusqu'à les injecter dans les moindres alvéoles du pur esprit d'une notation qui la modélise -- à la légère, les jours de bonne inspiration.
C'était l'irruption de la cavalière et de sa calme et puissante monture, parente du Blanc-Seing de la toile de Magritte peinte en 1965, qui m'avait retenu, et voilà que mon originale copie était servie sur une autre table, tel le verre d'une encre à l'écarlate renversée sur son drap blanc, que semblait faire saigner à la manière d'une éraflure la voie déplacée d'un récit contraire, malignement desservi comme je le disais plus haut. En plein cœur de l'audition mystique des Persans de la ville de Beaumont, toute proche par les rails de cantiques sifflés qui s'accrochaient aux futs sur l'échine prolongée des chevaux.
L'état d'une dérive invisible ; l'intuition vague qu'on en a, qu'il ne faut surtout pas en refuser l'obstacle, même escamoté, avant d'écrire le script de quoi que ce soit, avec plus de prise sur sa perspective cachée ou ouverte, plus d'entrées sous la flagellation du bleu du ciel de chez Piero della Francesca et ses suprêmes sources de réflexion, même si l'on sait que l'on devra forcément sortir de son atrium ou de son orée, doté de nouveaux gestes de l’âme ou non, par le cadre en bois de Mantegna.
Ne pas prendre l'allègement mental d'un texte qui se dicte lui-même sa conduite pour le parchemin inouï d'une révélation qui ne saurait vous appartenir au premier chef, dans un lieu premier.
Je ne voulais pas parler de ça, de ce qui apparaitrait comme une inutile autocritique, déjà dépassée, anachronique, mais, en partie pour me préserver d'une seconde relecture, pensai que de se rapprocher la bouche de l'oreille du lecteur n'était peut-être pas si vain.
À bon étendard.









