lundi 19 octobre 2026

Meme le Maudit

 




Meme le Maudit

Musil à pompe

Uzzi sur le sol

Du Scorpion trompe

Les rimes

De la carte SIM

D'un Grand Récit

Aux thés bleus interdits

Tibétains hommes à mauve

quiddité

Trempés dans la promiscuité

D'une sinisante bile de cidre

Hacol 

Tov

Au Col de l'hydre

Una tappa del Giro

Tant comptée

Super partes l'arbitro

Où gisent les matières molles

Et les eaux dures

Du Cold Care 

In its old lair

Qui encore Fait

Le mur

Et don de ses prompts

Défaits

Le scan rompt

mais ne se lie pas à vos injections

de sens artificieux

Meme à partir

N’avoir ni bitsou ni maille 

Ni coin qui vaille 

Est-ce que Python billonne

That masterly performed AI?

Que dasein mimétique sillonne

De haut en bas

Branle-bas de tes jambes

Sur ma bouche où chatoie

Un diamant qui

De quatre lèvres fait un ambe

Qui d'un capuchon triste jouit

À ce grelot merveilleux

Se greffe

Une succession de sources de distraction

De vœux ultrabrefs

Non pieux

Bancales

Prédestinations

Dans les cales

Connues

Jusqu'aux cœurs anhydres des rias du Léon

Leurs discontinues

Côtières aberrations

 Wasserfrei

Chevaliers déguisés en fous

Comme frères ou sœurs d'Elon ou d'Éon

Que quelqu'un du menu fretin

autorise à nous

Tirer le portrait

Tel le papegai

De l'histoire

En son saint-miroir

 Des ondes 

Que la plage de sable soutint 

Contre vaines ombres mariées 

Aux soleils qui les fondent

Et qui parfois souillent leurs entrailles

Où tous sommes mouillés

jusqu'à la voile

Même lorsque nous nous serons oubliés

Chacun à son tour de moelle

 Notre Saint de côté dans les reliques

 De fumants coups de reins

 Squale des soudures

de nos deux squelettes si fins

 Yeux dans la bouche

Misère et joie toutes bues

 Meme-souche

Urinstink encore un peu famélique

En retour

 Auteur d'un modeste tribut

 Par mégarde au non vu et au non su

 De tout le monde

Noyés comme mouches au cul du flacon

(Apporté par le bouteiller d'un hypothétique 

Roi)

Ronds

Comme des queues de pelles numériques

Qui sondent

Du destin cet octroi

Aux piscines d'eaux

Libres flottées d'un philtre d'amour

Qui ne se peut celer

Même dans les longs méandres

D'un modèle langagier à casque ailé

 Dans les sinueuses huiles qu'engendre

l'écrasement des rouleaux

Phonographiques

 Qu'écrivait la musique

viagère de nos anciens cerveaux

 

(Tapé le 3 mai 2026, retenu par je ne sais quel aberrant délice d'horizon après lecture imaginaire du livre électroniquement réécrit par Oswaldsson Délirien, C'était Ça Où Amerrir Dans l'Odyssée d'Homère Racontée Par Moi.) 

dimanche 3 mai 2026

Cotation de soi sur le sol


Au bon vouloir des géomètres municipaux, que nous abritons dans les bons et mauvais couloirs de nos cœurs et de nos cerveaux, qui doivent noter le chemin exact des réseaux divers et variés que ces périssables organes empruntent, avec cet habitus sentimental trop prégnant, quoiqu'il fasse toujours charnière, et si souvent importe encore comme preuve de sa manifestation candidement humaine, en compagnie de l'Esprit.


Fluor

Roseaux

Rhizomes


Rose vieilli

Rus, verts ruisseaux

Eaux jaunes rudes et douces 


Des résines flash de trot humain

Et l'ivoire des raisons gardées sous le sabot

Tressaillements d'équins et les éphémères rouges échos de leurs rêves sur les lèvres de la ville 

 

Briques de papel, avec la sève du bitume pour mortier, disséminée sur la Terre du haut de la meurtrière d'une Babel taraudée par la lumière de son rabot

L'envers des lys dans le mouillage du ciel aux os blanchis par le poids des pelles de leurs ancres de Chine

Étranges flores archères des flux et des hordes de ce qui pousse encore de soi jusqu'à faire jabot

Reflux réflexes profonds du sang à fluorer en interne par les naseaux

Devant notre faible intoxication aux lueurs de l'aube des grands dehors en fleurs

La confluence de nos vies terrestres, souterraines, et célestes qui font du chiffre avec ce qu’elle dilue

Assises sur les pierres, peintes en bleu patenté ou simplement iodées, de la Fontana Maggiore

Dormant du sommeil des tailleurs et carriers des grands blocs de nos nombres vitaux sur la petite pelouse extatique tendue des mille pas perdus d'un majuscule marché aux puces

Brocantée par les Muses de quartiers entièrement découpés selon la numération en vigueur, sur les plans desquels nos âmes peuvent, l'instant d'une enchère, s'allonger

Ou "troquer leurs indolences", comme disait l'homme aux sept semences divines, plus une

L'oblat roux de Ligugé, portrait craché du maître Rubeus de Pérouse, cité à laquelle Chantilly devrait s'aboucher, avec à-propos se jumeler, dans les caves inondées de boîtes à souvenirs et les vide-greniers dégueulant de daguerréotypes figés dans leur temps d'outre-pose

A Flee market breaking the street hawker's cant in you, or trying to.

A brocante as we say in French, from the Dutch (and Liégeois too) Brok, a fragment, something done piecemeal. 

Aux accotements immeubles, pneumatiques stabilisateurs de votre spiritualité, gardiens de ses bandes dérasées, qui donnent la miniature d'un visage à l'Eden de ce qui reste une banale dépendance routière, indispensable à la sécurité morale du roseau creux qui exauce en vous la fonction, et sa folle machine désirante, à respirer par la tranchée zébrant votre humus de ses canaux anonymes de servitude

Qui entend vos prières de futurs grands-dégagés, par la tonte ou le fauchage réguliers de votre psychisme aiguisé comme un brin d’herbe et son pack de sauterelles giclant à la gorge de vos artères

Afin d'y créneauter un peu de votre emploi de l'espace en plein foyer de la matière noire, jadis au ban de la communauté, d'un invisible réseautage ouvert à tous à satiété 

Dans la hantise d'être à jour de vos cotisations, de vos quotes-parts au dîner de ce que nous sert une civilisation qui n'a pas changé d'un iota les repères sur les points de la roue crantée interdite, arrêtée, qui lui dicte aujourd'hui sans autre ressort son muable emplacement  

Certain d'être au bout du chemin, ou encore embarqué au centre de ses entrailles, à refaire de l'enrobé un ruban, ou de la terre un sentier, sur la route immobile de notre vie défragmentée, rouler encore sans rien amasser, comme galet houle et nage entouré de sa propre écume, qui le rejette au large du séparatisme de ses associations d'idée fatalement arbitraires, des trous dans le tapis océanique passant pour les instruments de la grille de lecture ultime d'une histoire ensablée, pourtant tamisable à merci

Les cercles des splendeurs morcelées d'Ombrie, au prochain vol de Compiègne, allaient partir à la hausse sur le champ, je le sentais, le voyais, gros comme le soleil qui écrasa ma maison 

Dôme de vapeur explosé qui semait au dépourvu les lambeaux des lettres numérales que m'avaient confiées le binôme sacré Mallet & Isaac 

Chronogramme rangé des voilures, comme sur un bras de mer d'huile un incessible pauvre tract

Sans voiture, sans vélo, sans chaussures, ni parachute, comme à cru sur une inusable saute de vent

Les montants des échanges, à chaque plage de leurs encastrements, semblaient de la semelle s'être renchéris

À part les pas nus de la marche, que pouvais-je joindre à mon offre ?

Dans nos logements de ponction, nous reprenions chair et instantanément la rendions sous les fanons et les baleines de nos atomes d'hier qui tombaient en barres de pluie

Sous le nuage d'os de l'aile de l'aigle de Patmos, géographique pulsar de Dieu qui nous repère et nous aide, sans retourner et transformer les cartographies, que nous dessinâmes en amont pour notre usage personnel, en un immense et trop usuel panoptique benthamien.

l'Esprit-Saint transperce sans peine mais avec une douceur extrême le filigrane de la brume --accoutumée aux épais coups de corne, comme rompue aux clapots feutrés de toutes sortes de sornettes assorties de leurs jurons-- et la recoud, la recouvre d'une pellicule de silence qui soudain se met à converser, le souffle sur la peau, avec le bruit cosmique

Avec un peu de mansuétude, quelqu'un consentira peut-être à me solder bientôt une édition princeps d'un quelconque siècle d'hier survolé par Lagarde et Michard, histoire de refaire un pas, en cette belle ornière, vers le futur

Peut-on fuir vers son passé, s'y reposer -- tel le cliché d'un dernier mégot de cigarette aplati du bout du pied --, lorsque celui-ci, gaz de la mémoire tranquillisés dans les chambres vertes de la combustion, de vous et de vos traces, comme de votre insistante fluoration, n'a plus rien à caleter ?

 

samedi 25 avril 2026

Bleu russe

À Anna Andreïevna, Ossip Emiliévitch, Vassili Sémionovitch, Alexandre Issaievitch, Boris Léonidovitch, Vladimir Sémionovitch, Viktor Robertovitch, et à Marina Vlady







Mon russe bleu Qui décrocha l'émeraude du chant de ses yeux À roche nue d'un coup de graphe que satine Encore la griffe de la même flexe sous la nouvelle patine Rousskaïa goloubéva kochka Réputé doux, fidèle à son maître, boulimique de littérature, à rien d'autre que ça n'est bon qu'à, ne pense qu'à Porté sur la chose plus que de raison pure comme le sentimental sang vieux (et les phénoménales choses du ventre qui coulent des cieux) Des Jeunes-Croyants des forêts ukrainiennes dévastées par le caramel du Kremlin embué par le feu De glaces bleutées avides, comme dans un roman de Sorokine Pressé par la boue fine, féline -roulée aux pieds de Simone Weil- qui obéit à Dieu lorsqu'il lui demande de remettre les enfants et leur petite somme d'argile à couvert sous la Terre, comme, dans la carence d'une eau suffisamment limpide, on commence à filtrer et boire notre propre urine Sans émettre de bruit, ainsi qu'ils avaient reclus Pasternak pour qu'il meure garrotté par un discret jeu du foulard, sobrement transpercé par la pointe poreuse de son stylo-feutre, en sa datcha De même ils confirent les herbes amères de Vyssotski et Viktor Tsoï dans les tonneaux d'alcool frelaté des vignes du kitsch soviétique, comme au fond d'un sac on jette dans la Néva deux, sagement sacrifiés, exsangues russes bleus qui dévissent et dézooment à l'exacte verticale apparente apparition de l'œil de mon chat Mon bleu russe Et la fusion nocturne de ses caresses fantômes, vagues réfléchies au centre des invisibles intestins de mes gestes amples, pupilles fendues par l'enveloppe d'un grain d'orge enclavé dans le silo d'un escamotage des bleus d'azur sur le visage violacé de la Prusse En ses appartements repeints de craie jaune beurre panique Avec un œil de bœuf gluant des larmes d'un rire qui vient d'être pilé, et une fenêtre qui offre ses poignées aux gants du vent qui tient à garder preste sa sensibilité de leurre frais, paupière mouvante de son oculus toujours durement famélique L'écran de ses blanches et noires surcharges et ratures maculant ses listes, l'écran rivé sur les iris de sa vision d'apocalypse, devant cet écran ronronnait la morgue proverbiale de Staline derrière le miaulement de ses Katiouchas Tout passait comme chair sous les chenilles de ses vibrisses, tout, focus écrasé dans les hors-champs, jusqu'aux corps des cinq maris de la Samaritaine Akhmatova, jusqu'à la géorgienne possibilité, pour ses grimaces de montagnard auto-référentielles, d'un diurne rachat Heureux comme Archangel en France jusqu'au Nil bleu des Îles Solovki de la souffrance, le chat penche la tête vers le jardin semé de sardines tombées toutes mouillées des ascenseurs d'un ciel de fer, ainsi que le prétend la légende d'un Walrus Sous la pluie anglaise fantomatique connue seule de Mrs Muir, de Lennon in a weird Eiffel's fur, trying to make a thorough furcoat of it, under such a heavy rain, whetting our glassy eyes as never ever before, jamais loin des œuvres phares de ma Vénus Je ne sus jamais s'il était de texte masculin sur papier bible ou de la charte mariale à la fleur de l'âme de pleine voix chamanique Mon chat russe qui n'existe que pas à pas. Ombre pattue d'Archibald de la Cruz enrobée d'une soie maligne qui n'eut pas, l'étant déjà, à se muer en une boule de neige dévalant la montagne de mains et de doigts de Jean de la Croix


(Photographies et dessin : Hübert Perseault.)


 (Publié sur Facebook, le 10 avril 2026. Cette version se rapproche du premier jet, tapé ici mais tenu en réserve, beaucoup moins verbeux.)

mardi 3 mars 2026

The Horse within



 

The horse is a feral forest  

The beast of a juggled angle 

Invisible to the coming man, like a frieze of the skies on the ground that its mounted visitors drew in, unconsciously

The forest is a feast of a metaphysical corral

A space for the herd, the mob, their band of grazers, the harems of your timeless seasons

Into the wild territorial passings of its duple galop 

 The forces of law rest in his loins

The wooden hoof anatomy, plated with some brave mettle, its flank signature suddenly opening up the possibility of new curves, like a croup d'état in the glade of the Icelandic Althing of yesterday

The somber clearing of its elders' embers that smoldered for years but never took fright

The Far east a de beaux restes, tu sais, "embrace them, babe", says he with the hoarse voice of a tiger, almost

The unrestrained muscle

Of a symmetrical forest he set in motion

Free falling into his arms and legs

With a great deal of gumption

Requests of a fire to run the gamut of the creaks on the floorboard of its musings

The Great Boston Choir suddenly quieted for good

The birches have eroded their soul in their forearms

They rewrite it warm-blooded, as a mental sinew encoded right on their skin

Like you chewed the fibres of your own bark

Under the transpiring leaves of your white-hot racing hearts before the tracks of that once insolubly green ghost rider of a knight





À l'origine : 

Écrit, versé de soi-même, dans la tête au réveil, un dimanche matin, avec la première phrase qui s'imprimait, bien qu'encore en sommeil, sans rien demander, comme souvent pour ce genre de texte.

Le vendredi précédant, vers 16 heures, à peine avais-je commencé mon tour favori du cimetière Saint-Pierre -- dans le périmètre d'un rectangle forestier de sentes qui répétait les ondes du carré de ses rayons, symbole juré d'un chemin de rondes qui n'appartenait qu'à lui, comme une architecture en double-peau cernant le lieu de repos --, que je tombai face contre hêtres, sans oser la prendre en photo, devant une jeune cavalière, bombe, cuissard de leggings, bottes, tapis de selle bleu marine signature d'une écurie (le blason du musée du Cheval, une fois le mystère évaporé) fort courtoise (manège des codes masculin/féminin déjà troublés), montée sur un cheval bai très affûté et au fait de la conduite à tenir, comme surpris à la croisée d'une fenêtre, avec les humains de passage.

Elle me salue, mon bonjour me reste dans la gorge, atone, racheté par un sourire presque arrêté sur sa lancée bien après l'échange de regards, pour ma part gêné, quoique rien ne s'y prête, l’acte d’une machinale émotionnelle bêtise en moi, qui ne me rate jamais.

Les cavaliers à Chantilly sont la plupart du temps -- lire : toujours -- emplis de respect pour les gens rencontrés dans ces moments de hasard.

À la relecture, alors que je ne fis que suivre le petit tract d'une pensée qui, au fur et à mesure, se découvrait sans fard, je m'aperçois que je viens de taper sur l'écran quelque chose comme un poème digne d'un Robinson Jeffers du pauvre hère oisien, affamé de textes et d'images, trop consciencieux pour être honnête. L’excentrique de Carmel-sur-mer que l’on affublait de nihilisme critique, posé sur ses vers comme une pierre de la lourdeur d’un extraordinaire galet polisseur d'obélisques marins d'une civilisation perdue puis retrouvée sous le sabot d'un océan pétrifié, s’était répandu dans les veines de mon oubli des devoirs christiques d'un seigneurial accueil obligé dû à son prochain coudoyé dans les bois. 

Boston fut la première ville américaine, après le débarquement d’un vol NWAirlines (que ma mère tenait à m'offrir), avec laquelle j’échangeais de l’humus, tendu d’oxers chus du ciel, dans la salle des sauts perdus de l'aéroport (dont le nom de sable et de Carrousel me plaisait depuis longtemps).

Logan. Et sa course épique. 

Ma description d'un cheval-forêt, d'une forêt-cheval (peut-être le prétexte de départ est-il déjà un peu trop grossièrement étalé pour être du côté de la plate finesse ?) retraçait de façon appuyée les choses.

Malgré ses phrases détachées du tronc commun qui, lacéré, pourtant ne donne pas sa sève -- contre les effets d'une automatique notion illustrative, jusqu'à les injecter dans les moindres alvéoles du pur esprit d'une notation qui la modélise -- à la légère, les jours de bonne inspiration. Alors même que, dès ce stade, je me surprenais à éliminer des références à des mots et des situations répétitives souvent trop éprises de mon clavier psychique ; des sentences qui tournaient en rond sur la langue, -- comme la curiosité insatiable et brusque du lecteur, ce touriste du présent dépassant déjà d’une tête considérable de la vie des autres, sans qu’il n’eût à faire un geste, m’empresse à l’instant de les révéler -- du genre de celles-là : "Nothing could trespass the bounds of a good Terre Gaste" et "A transversal Japanese bathing...". Allusions trop claires. Le trop voyant ridicule de leurs rêves d’une insertion chimérique dans le corps du texte, lumière rouge clignotante. Adieu au Shinrin-Yoku surinterprété, salut à Kurt, à Thomas Stearns, au revoir à...

C'était l'irruption de la cavalière et de sa calme et puissante monture bai, parente du Blanc-Seing de la toile de Magritte peinte en 1965, équin roi de civilisation, moitié meilleure créature omise de l'âme de l'Homme, moitié chair de Mustang toujours sauvage baignant dans son rang, qui m'avait retenu, et voilà que mon originale copie était servie sur une autre table, tel le verre d'une encre à l'écarlate renversée sur son drap blanc, que semblait faire saigner à la manière d'une éraflure la voie déplacée d'un récit contraire, malignement desservi comme je le disais plus haut, bien que resté débonnaire. En plein cœur de l'audition mystique des Persans fins lettrés de la ville de Beaumont, toute proche par les rails, forgeurs de psaumes et de cantiques sifflés qui accrochaient leurs futs de plume tubulés sur l'échine prolongée des chevaux arabes ou de Przewalski.

L'état d'une dérive invisible ; l'intuition vague qu'on en a, qu'il ne faut surtout pas en refuser l'obstacle, même escamoté dans sa réalité même, avant d'écrire le script de quoi que ce soit, avec plus de prise sur sa perspective cachée ou ouverte, plus d'entrées sous la flagellation du bleu du ciel de chez Piero della Francesca et ses suprêmes sources de réflexion, même si l'on sait que l'on devra forcément sortir de son atrium ou de son orée, doté de nouveaux gestes de l’âme, ou des sphères de la grâce éjecté, par le cadre en bois de la toile de Mantegna.

Ne pas prendre l'allègement mental d'un texte qui se dicte lui-même sa conduite pour le parchemin inouï d'une révélation qui ne saurait vous appartenir au premier chef, dans un lieu premier, le milieu blanc d’une page.

Je ne voulais pas parler de ça, de ce qui apparaitrait comme une inutile autocritique, déjà dépassée, anachronique dès son contrejet sur le papier, mais, en partie pour me préserver d'une seconde relecture, pensais que de se rapprocher la bouche de l'oreille du lecteur n'était peut-être pas si vain. À bon étendard. 

mercredi 25 février 2026

Le siège de la Ville semble s’être désanglé






Rue de Maubeuge, dans l'état de sa flagrance
La caténaire cachée de son long boyau
-Espèce de drain électrique avec une lance-
Zingue l'ambulant qui passe comme un griot
Une ville des plus influentes de France,
Navigable sur Sambre en feu, ivre rafiot
Vif, avec dans la gueule une protubérance,
Bouge comme le Mal en queue d'une fario
 
Et sa stratégie de repeuplement des rives
-Parmi les roseaux et papyrus lutétiens
Facteurs de prodiges conçus à Hauterives
Et reproduits dans l'œuf des Dalmates anciens-
D'une Néo-Jemappes raidie de l'étrive
Lorsque fleuves bouillaient de s'en prendre aux Nerviens
Comme Trouille se jette dans Haine gélive

À Mons, sur des corps d'assises vidées pour rien.





mercredi 28 septembre 2022

Andrei and Dasha in the mirror

 

À D. S. 
Daghestan (Arseni Tarkovski, 1946)
De mon long, allégé, je logeais au sommet de la montagne,
Encerclé que j'étais par les ocres de la terre.
L'encodage d'un envoûtement envahissait la cluse,
Colmatait la contrée plus bas,
Perte littérale, se dévêtait de ses couleurs,
gamme entièrement dévorée, sauf deux :
Le bleu-craie,
Le brun mordoré par le crain, rendu clair,
Sur le lapis desquelles pérégrinait la plume d'Azraël.
Débords étales, autour de moi s'ouvrait le Daghestan.
Ressource d'une nouvelle donne s'offre à moi peut-être alors de lire les augures
Ne serait-ce qu'une dernière fois
Dans les boucles et les ligatures arabes, lapidaires cursives sur les orgueilleux blocs de ce relief que terre fit sien ?
De quel pas en moi s'est vissé cette audace, la témérité de permuter
Pôles pair et impair de l'amour
Pour la dette en oxygène de ce sommet ?
Qu'à partir d'ici
Au creux d'une petite louche sur une flamme jaune on puisse fondre
Le métal argent du Daghestan ?
Chanter :
«Là-bas je vivais sur les rives d'un gave
Et lavais dans l'eau glaciale
Mon habit rustique» ?

Дагестан 
Я лежал на вершине горы,
Я был окружен землей.
Заколдованный край внизу
Все цвета потерял, кроме двух:
Светло-синий,
Светло-коричневый там,
Где по синему камню писало перо Азраила.
Вкруг меня лежал Дагестан.
Разве гадал я тогда,
Что в последний раз
Читаю арабские буквы на камнях
горделивой земли?
Как я посмел променять
на чет и нечет любови
Разреженный воздух горы?
Чтобы здесь
В ложке плавить на желтом огне
Дагестанское серебро?
Петь:
"Там я жил над ручьем,
Мыл в ледяной воде
Простую одежду мою"?

I love the way you talk
and love the way you walk
You know how the song goes
"The Child is mother of the Woman"
For Wordsworth, 'twas an unbiased geometrical cause
From the rainbow in the sky to the murals and frescoes of the caveman
I love the way you raise the wave
I love the rays you ride and let lave
You know how the field of view in front of you bows
You're like a sister to Andreï at each and every plan
For you're more than a New Waver, you break the usual pose
Reverse the swells to their natural poles when they stray from their sacred Llan

vendredi 5 août 2022

A Filmed Encounter




She clasped the three poenies to her chest and went to sit in the library.
A land of poppies, a river of milk, the deep red dress she wore seemed to be loosely attached to her shoulders, contained and maintained there by the conscious idea of its own glissando, like an Italian glacier lake softly heated under the skin by its water music.
In a silky gesture of affection. 
The flowers were of a light green tint at first sight, on the verge of papery, next to crispy, her face was grave enough, not exactly pale, as if a ray of sunlight had touched at her port, as if something of it had pinked the exquisite carnation with its own dew point, her pupils like two deep blue gray horsemen on the Beaufort trace checking with the storm, she still held the stems in her arms during her short speech, like a moving presentation of herself, all-but poignant, mastering what she would have to deliver, perfectly in control of the vibration with which she intended to carefully pack the atmosphere, without showing the whole thing off, like silent hooves on the inner trail. 
Straightaway, she explained its raison d'être, said the bouquet was another expression of praise from one of her thankful student, she felt strange, как в кино, "like in a movie", and somewhat empty inside since the Russian invasion.
Maybe the key to salve her feelings for the others was to let these emotions go their way undisturbed.
To and fro, mindfully.
Almost with joy, she might say.
Happiness is a nonmoving warm run for the principles of life, for love. 
Her legendary gracious smile had departed, not vanished, an absentee for the most part, you couldn't decide for yourself, could hardly come to the conclusion that its tension on the lips albeit slightly wasn't still around. She could play with it at will, but not now.
A facial character was only scream deep, a few traits away from the beautifully muted landscape. 
Feasting on the scenery, hearing her voice fascinated him, he knew she had lots of fond memories about all sorts of films, 'twas no moonshine she was serving here, everything rang true.
Ingeniously compared the Putin's catastrophe to the comet in McKay's Не смотрите наверх.
Aware that she had some close family across the Ukrainian border, he recognized the sheer psychic weight that was at stake, accompanying her most of the time. 
She had to keep up her spirits, without composing a face, laying out an attitude.
Humor was an edge to her ethics, tears that would flow from the tide of raw emotions had a hard way to well from her eyes for now.
Some of her friends wouldn't make out the situation anyway, she understood, never would have picked up a fight with them. 
Another volet, a second and a third wing of her story appeared on the screen, the oval of her face receded to the enormous flowers on her lap, pressing them with her hands, a fugacious scent, a gentle kiss upon the textured carpels, a vanquished still life in its own vivid portrait. 
 
Not exactly the time to smell the roses, hey?
Perhaps to keep in touch with the vegetal life of the world, the vegetative human peace, rather. 
_Mira ve Miri, in our souls and hearts is all I'm asking for. 
"Kak Viy?" 
He could read the two little polite Russian words, on the right, down below, close to the terminal frame of the telephone, like a signal pointing to a mental frontier at the door of the emitted waves, on the invisible snow of this electronic epistle, the last post on the road marking the chronic great divide between people, an invitation to fence it, also. 
Unable to swing an answer, he couldn't pull himself together and find a single papered peony somewhere, due to its proximity to his heart, felt idiotically sterile, maybe others had known how, had had the knack for it, never looking down, or doing so with the eyes of a boddhisattva.