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mercredi 25 mai 2016

Talmont (Visions du Médoc)

Gray Waves Matter
To Emma
The gray of the waves. Bay wives, mares almost, hardly reddish brown, white clay, anses au gel de l'Ulysse, whales' grazeable greasy cleverness
She grazed her bones when she beached there
The wavekaesque grayness of the waviness
The way of the graves crowns it all for a while
The greatest on earth, the waviest at sea
lament not at the milk or spume of the death they see.
Hellish cold and gray, crave breaking the vanished south
Never blew her lines, a fuse, a seal, nor talked windily,
off steam, selfishly bellowed the blabbermouth
in her
Vaguer ou ne pas être vague
Sortir de soi, hors des nasses acquises,
s'engraver sur l'île princeps d'Ise-shima
où les Rochers Nuptiaux de Meoto, dans la madrague
d'un soupir sacré qui les enlace comme le shimenawa
cher aux kami du dernier pont de lierre à Venise,
aspirent à la sédation du syndrome de l'échouage, précieux aux rorquals Aspergers.

Être ou ne pas être son propre iconoclaste.
Son autre dénacré, son propr'Anders
(Visions of Jack's body,
Cody's is a cod, something fleshy, the corpse of a code name, for the time beaching.)
Peerless gray white bleeding of the pearly waves
Unknown region to her, to me
another light gray salted oblast
of the nearest borders
Breaching leaps that even soulsearching
shipbuilders of the past
did not dare lay waste as insular petty craves.

La grège sauvage du Cambodge
sur un banc d'écailles laissées pour solde des miettes de tout sonar par un long commonwealth de pagres
égarés sur les hauts fonds et les écueils de l'émetteur de grèves d'Imre Nagy
rhabille de son poult-de-soie le maritime onagre
des perfides courants de Saintonge
affalé-là telle une quasi carcasse, que les os des flots ne rongent plus, sur le redent du sable dont les sédiments du socle intestin conspirent lui dépiécer déjà le tract de peau dans l'huile des songes.




Par le premier hérissement d'un merle liancourtois, à cinq heures du matin, grésil des sables du soir blanchis dans les devers d'une patte d'avocette, chant qui sourd depuis le tube herbier des sons du cylindre d'un nouveau modèle de Velocette.

Saisi toujours par les visions de la vigne bleue du Médoc d'outremer telles que les gens les gagnent au vent de la rive de Talmont, sans doute aussi depuis les Mauges et la halte fluviale d'Ancenis, frappé par la vaillance de Sainte-Radegonde, reine des bassins gris de Thuringe et fille des Gois de la Hongrie des détroits, qui fit pousser l'avoine aux fanons de la jubarte afin que la Pâque par laquelle s'engouffra Jonas fût autrement doux passage et des plus blonds. S'attirer la candeur du chrome virtuel des aimants jaspoïdes à son église, entre falaise Caillaud et remparts de la Tour Blanche, édifice qui semble sécher le sang des personnages qu'un auteur imprudent se serait offert de lancer au long cours d'avalanche d'une diffuse et fluctuante narration sans trêve nécrolyse, (le vermeil des veines du vilain diacre Moriarty, par exemple, dont le détective-consultant Kerouac eut tant de mal à décramponner la main vitrifiée, collée-fondue au goulot d'une bouteille de Haut-Brion alors que le surprit la déflagration d'une bombe atomique lâchée sur Arcachon, au moment de la guerre de succession des caldarii, ouvrages semés de par le vaste monde lors de la construction des Thermes généraux sous les murs des bories, de romaine invention), parfois sidéré par le gris immense de l'Atlantique au loin que l'on jurerait induré sur l'effluve de La Rivière, ainsi que les pêcheurs de carrelets sur leur ponton charentais nomment la Gironde. L'impression d'une lame de tsunami qui se languirait d'Amaterasu, gercée de blanc, ourlée de gris majeurs et inouïs, bouillie de bord de l'eau feinte, jardin de craie des gargouillis secrets, et leurs effets de laitance sur les lèvres des lamproies, grains de beauté sur la bouche des pêches à la mouche traversées, baie d'aloses fatales, les émeraudes violines des crabes enragés prêts de suturer une Vinh Ha Long décousue, avec des teintes de pierres renversées dans la poudre des pistils de la digitale, elle-même pétales roulés dans la grande allée pavée des ondes de sa pourpre éteinte.
Je ne connais rien de plus distant de moi, de plus réfractaire, peut-être, comme si un paysage avait ses têtes, et d'autres qu'il désirerait couper. Pourtant ici s'émet un accord, se ligue une note d'atoll, qui, comme se rapprochent nettement les cœurs, désaffectent ce véloce instant de toute élation. Qu'elles placent ainsi les hommes, ces visions, avec la flagrance des brisants de l'herméticité, au-dehors de soi, est sans doute cérémonie discrète que viennent éprouver les gens du cru ou les touristes, pourquoi douter ?
Une sorte de face à deux piles (ou deux arcades à trois voussures comme pour la façade nord de l'église de Radegonde), par moments l'apparition furtive du Pierre ambigu de Herman Melville chevauchant un Kraken écumeux et borgne, d'autres fois les traits subtils du visage de l'Odile de Gadenne, glace capable d'ébarber au velours d'un mouchoir, plutôt que l'effacer au burin des reflets de secours, la pourriture des sédiments romanesques et leurs invisibles algues laminant notre masque, emprisonnant les gestes à nos atours.
Avec chaque fois, vue, à peine forcée, sur l'estran d'audace unique, celui qui met au désert de soi.
En Baie d'Authie, à l'aube des Troie, ou sous la naissance de l'orage vers deux heures et demie de l'après-midi, cela faisait la même chose. Puits de calme subit, ou silence de cincle vers les spirales de la tempête de sable, la côte brisait sa coque de polarité dans la vitesse du souffle des dunes aux cordons étranglés, magnétisme du champ marin détrôné, sa large pause répandue comme la fonte d'une couronne. 


Si proche, si loin
Visions of The Médoc
(Les deux dessins par Hubert Persault.)

lundi 10 août 2015

Lancaster Lew

413_ Le Lieu du Lancastre
Lugar caster


Sans rimes ni raison
To Ian Chatterton

Quend, le 30 juin 2003. Alors que je sortais par le chemin creux de la haute dune blanche de l'orient des pannes pour déboucher sur l'estran, passée la hanche de l'erg hydraulique dont le premier socle coquillier, souvent jonché d'osselets coupants comme les désertes des lisseurs de drap du Nord, couvert de cloques d'algues noires au squelette desséché, pousse la plante des pieds à épamprer de ses segments la plèvre de la plage qu'une soudaine ardeur trépane -- course que l'on ne soupçonnait plus chez soi --, je vis surgir de nulle part, c'est l'impression que le plan de cette motrice dérogeante me fit, un Avro Lancaster volant à midi, l'axe de sa loi, mordant cantilever violemment à l'aise dans le magistral écart d'une surprise qu'il savait faire éprouver à l'inconnu marchant en équilibre sur la charpente reliquaire d'un poumon chaud aux éponges aplaties, étrange creuset velours épave d'une imperceptible absence de menace peu congruente à cette touche mouvante qui s'encrait dans le ciel sans se dépouiller de traces ni abandonner l'empreinte de sa voile dans les demi-soupirs de ses nacelles et les silences de traîne à ses gouvernes, longeant avec beaucoup de malice la laisse de nuit qui déjà voulait l'effacer avant qu'elle eût mis fin aux fluides du jour décrivant son corps à toutes ses faces, bien qu'elle se fût pourvue d'un glissé sur l'aile bâbord qui lui faisait pointer l'air de ses ciseaux, loupiotes clignotantes pincées de rouges étincelles à son fuseau, pour le prendre de côté, par le traversant, à son dévers, comme une main ouvrant un piano, plume et gant disputés par des doigts visibles seulement depuis le ventre de la paume, aéronef noyau plein d'une élégante résine de Chine à l'aube de jais, gomme absorbée de la transparence dispersée des regards verticaux des solens, tout à la sève de leur sel, vol déchirant le coeur de mille ambiguïtés stationnaires, sans aucun pouvoir rétenteur musculaire, quille des bras ballante sur la Terre, rémanence éteinte des gestes huméraux, le radar des houilles à zéro, pas plus haut que treize mètres au-dessus de ce reste d'afflux de la Manche, dans les halos insensés d'un effet de sol furtif non saisissable par le céleret des yeux, fantasque stealth d'un autremer à l'aplomb de l'écume, là où cessaient d'émettre les fils couleur coquille de fines et tranchantes vaguelettes translucides mortes dans le travellage de leur soie, flots absents et vent léger, j'imaginais le pilote anglais, peut-être aéronaute retraité militaire amateur de vintage alaire, préparait-il la cérémonie des soixante ans du débarquement de juin 1944, ombre hôte portée d'avance, qui se déroulerait un an plus tard, était-il membre de la RAF, l'esprit se réfugie dans la latance par peur qu'on le désactive et prend la tangente, réveille en soi les rêves les moins migrateurs dont les acides aiment se tenir proche d'une conscience de méduse toujours possible (pourquoi nier l'utilité de ses tissus, idéale colle des membres rassemblés en vue de la résurrection de votre avatar ?), ou de celle d'autres animaux acalèphes, mais déjà le ronronnement des Merlin, quatre moulins de Spitfire, encastrement divin de leur souffle jusqu'aux ailettes rondes des ailleurs, propagateurs de la transformation des amulettes du son au bord de fuite des souvenirs de l'échine, la voilure au film extraordinaire, focale à tracer de mémoire ce qu'elle seule semblait connaître dans le tramage des hélices captives heureuses de tisser un bout du ciel qu'elles exposaient, sans qu'elles s'en soucient, tel qu'une outre volante, kilim d'un monde aux azurages de lapis les plus intenses, parties d'un infini véla, m'apparurent comme un mystère assombri de son propre mirage que le magnifique été sobrement orageux, sans cesse naissant à dix-heures du matin, refusait de déchiffrer, l'attention déchirée, chaînée à la carcasse d'un bruit spectral en direction de la pointe de Saint-Quentin en Tourmont, le carrosse aérolithe acquiesçait à ce que je le cernasse comme une bête suitée vers le grand nez de l'anse par-delà la sente Royon grise et rousse comme le duvet des veines carénant le retour du sang de tadorne bleu d'une joie sèchement amortie, avait-il abattu son jeu dans le Grand Slam de la percée des barrages, granulé des quartiers entiers de Hambourg dans le verre ambré de fioles qu'il souffla hors les armoires d'un pharmakon sans merci, dans un maraudage magique, en compagnie d'autres lucioles, l'un des grands-pères de la famille anglaise qui me recueillit était paraît-il rentré mutique d'un raid sur l'Allemagne, cela durait encore en 1980, sa femme nous priait avec les yeux de ne pas nous en faire, nous ne devions pas jouer à la guerre devant lui ni lire tout haut Whirlwind, une bande dessinée trash sur les pilotes de la bataille d'Angleterre, il avait la plupart du temps tête baissée, il ne se démarquait du camouflage de ses épais cheveux blancs que pour nous signaler des racines dangereuses affleurant sur les sentiers lorsque nous courrions, son petit-fils et moi, dans la forêt. Sa fille avait épousé un aviateur qui nous emmenait voir décoller des pistils et des gramens de Maidstone un Supermarine restauré dans ses pollens, quelquefois nous poussions jusqu'au terrain de Lydd lorsqu'il désirait prouver que son île native flottait dans les nuages et que le plancher, duquel nous n'étions pas vraiment partis, auquel nous ferions semblant de retourner, n'était qu'une vibration passagère, l'artifice d'une tension que le miroir du ciel accordait de refléter comme part du réel, prise à l'ame du sifflement sourd de chaque envol de nos vies aux instruments. L'avion avait dépassé la vue maintenant, so much awe by me only due to so few.