Affichage des articles dont le libellé est argent. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est argent. Afficher tous les articles

jeudi 13 juillet 2017

Nécrose Cadillac

l






24 mai 1923, vers 10 heures du matin, le superbe ex-voto d'une voiture américaine t'attendrait à la sortie de la scierie
Tu pénétrerais dans son habitacle
Comme, au Signal Corps de 1917, un pilote du Maryland glissait à la carène de son Curtiss, caressait Jenny, faisait donner du Screaming Eagle la sirène, et réduisait au silence la terrienne crierie,
C'est ton talent Dashiell, furtive matrice, mieux employé, consommé pire, que celui de Jack-Alain Léger-Leger qui rechampit un jour la peinture de sa Chrysler rose en un sobre pentacle
De Sainte-Jeanne criblée de flèches à son épaule perse, porte sacrée complètement défoncée, ouverte à satiété sur la commandite plurielle d'innombrables spectacles
Avec à la main une promesse de vent,
Alizés de biffetons, typhons de bank-notes, fiduciaires harmattans noyés comme dans Mélodie Pour Un Sous-Sol, papier Manet du déjeuner d'une disparition abyssale et chronique sur l'aire d'autoroute du miracle,
Détrempé par l'encre humide des talbins de la promesse d'un Novus Ordo Seclorum, à la piscine des temps nouveaux d'antan,
Dans la tête, tu soupèserais et repèserais les vertus de l'amitié parfaitement limitrophes du mystère des liens du sang,
Neck and neck with Quémeneur
Tu te sentirais attiré par lui alors même qu'il te répugne, derrière sa moustache personne ne vit jamais rien de ses dents,
Et puis gentleman célibataire il fait un peu pédé avec son regard de jaspineur
Lorsqu'il croune, l'Homme de Droite, (ce carpetbagger enrichi dans les cimetières où se creusait sa fortune), et fait rouler les 'r' sur les marchés
 
Du prêchi-prêcha cabotin sur canapé des ultérieures Lebranchu, totalement débrochées
Du diamant de la simple réalité, tu ferais jaillir le formidable anneau d'une financière ingénierie
De sa gangue de feu, et l'inscrirais au chemin de fer rouge sur ton écusson à neuf macles
Calandre de Cac 40 en or, ruissellement peint couleur rauque d'une hydrolyse de bronze, la capote de la Cadillac serait retroussée, comme quelquefois tes babines, pour laisser passer de Strauss les ailes de la Fledermaus, dans l'autoradio tu pousserais Wagner au matricide de ses Walkyries.
Par anticipation, tu aurais tout lu de Simenon, de Dürrenmatt, Hammett, et même de James Salter, d'ailleurs ne serais-tu pas la vraie salamandre de l'histoire, le coupeur de feu de tes blessures de rumeurs propres, œdème cérébral dans les gisements d'incandescence de ta mémoire, perdue dans les souterrains occultes d'un très noir tabernacle ?
Meneur de menhirs, croqueur des dolmens de Commara et d'Hamelin, pisteur de rats et d'anguilles sur les chemin de la serpente de Sizun, chanoine des petits oracles,
Quémener pourrait bien pour une fois s'habiller en menteur, revêtir les frusques de l'arracheur de promesses et réimplanter des vents dans la bouche de tous les marins sans voiles teintées à cœur de salive qui jute de la gueule des loups de terre aux faux-cols rêches comme l'ivoire des crocs-blancs,
Soudain tu saisirais enfin peut-être que tu devinsses en un clin d'œil le Néron de ce Sénèque des comices, que tu pourrais, à cet implacable maquignon de la volonté triomphante, utilement propitier une belle défaite, une étrange débâcle,
Tu l'aurais déjà piqué de ton dard invisible en gare de Rennes, tu n'hésiterais qu'un moment, aurais trop envie de le serrer par le cou, de le couvrir de braises afin qu'il sentît la température des cendres des lèvres de l'éternel banni dans les salles prohibées du sous-poil de ses masquantes vibrisses, puis tu broderais ton probable destin sur quelque toile de Nîmes, en guise de creux alibi tu veinerais de griffures la peau de l'ours de ton roman sous quelque couverture acquise auprès des surplus militaires de Coëtquidan,
Jamais ne négocierais de forfait avec le Service de recouvrement de l'impôt de ton silence, tu inventerais je ne sais quelle sortie de scène côté Jourdain par le fleuve de fer de la poste de Dreux, ou par celui de Charbon à la halte de Houdan.
La machine à écrire que tu transporterais plus tard au Havre transpirerait des mille signes de la source d'Alphée, idoines caractères, belles frappes au subtil legerdemain dont toi seul connaîtrais, de la cadence des jours et tours sombres, le véritable prestidijusticiable auteur.
Noble Byron Pershing, Daddy William est en voyage d'affaire, de Finistère en Parisis, c'est tout une citadelle de Missolonghi qu'il faudrait faire semblant
De reconstruire, de prétendre défendre banque et jongle dans les haubans
Du mirage, dans la dissociation photosensible des portraits qui s'évanouissent, contre ceux qui désireront toujours réassigner E.E. Cummings dans sa gigantesque résidence en forme de chambre, quitte à visiter le Diable en personne à son île de rigueur.
Sédimentation du Niemand, mouton de personne, rétrodécès dans un port de Normandie, search and destroy dans la ville de Détroit, Québec de Quémeneur, que l'on sème sur le socle de sa villa démontée du sel de Guérande, Elseneur de Seznec, Hauteville House dans le coffre du Break, dix sorts controuvés pour un mort absent de repêché.
Vendredi 25 mai 1923, vers 23 heures, Paris est noir de liquidité, les Soviets veulent des roues, Mister Sherdly avance les carrosses, il ne reste plus qu'à verser d'urgence les os de Bernard Palissy dans les meubles bas-côtés du manque d'entregent, ni les pannes, ni les crevaisons, ni les moulures d'entrejambes pendues à ton coup d'argent, n'auraient raison de la décision du Grand Faucheur à la suprême venaison, e il camin in questa selva oscura, e pure il maestro Naufrageur, ti sono dolci in questo mare.





 

samedi 24 septembre 2016

Christian l'apôtre descendant au jardin du grand midi

Christian

O Poeta Manuel Antònio

"Sem horizonte ou lua, sem vento nem bandeira" 
L. Von Maaske

A palavra, vida inteira, mata.
O seu silêncio não falo nem cala, ri.
Sem antes, nem depois, nem agora.
È o infalàvel que fala.
Não o ouças: ouve-o.
Oh, falar sem ouvir,
como ri o riso
pleno dos mortos,
os meus e os teus mortos 
debaixo de nòs !
La parole, vide à enterrer une vie entière, mer étale en l'état.
Son silence ne palabre pas plus qu'il ne cale: il rit.
Sans antécédents, ni depuis, ni mage aujourd'hui tout gonflé de son aura.
Il est parole infermentée qui pourtant gondole sous l'auvent à palabres et s'affale-là.
Ne l'écoute pas: entends oeuvrer l'eau.
Oh, parler sans percevoir d'autres avis,
comme le ris obéit au rire
empli de morts,
les os de mes morts, les os des tiens, sans bouches à mors,
qui baillent dessous les nôtres debout encore.

N.B : Antònio aimait beaucoup la translation des jeux de mots, dans les diverticules du silence des affleurements mêmes, tandis que s'entrechoquaient leur plaque, comme la rencontre de deux glaciers sur le socle des angles de flanc à leur intersection, parapluie de sérac non déployé, table ouverte accueillant le passage d'étincelles de toutes sortes jusqu'à recevoir le magma de plissements nus comme la bonne volonté des vers, torpilles de la vocale erre blanche électrique frottées à la vitre bleue du bullaire des lucioles délivrées de leur prison de gel, à faire rougir les chastes traducteurs habitués au confort (relatif) de pénéplaines insoucieuses des restes de reliefs de la langue racinaire. À bien ou mal lunés entendeurs, obrigado.

Qui veut gagner des Oublions-tout ?

Il ne venge pas le peuple raillé, s'il faut en croire sa presque Dame, par un président de la République.
 Christian est comme un électron nu librement évaporé de la pensée de Daniel, un homme dans la fosse aux hélions.
Les projecteurs sont sur celui qui n'oublie jamais de renvoyer la lumière vers les gens. Les pauvres gens, les petites gens comme disait un autre président, les gens sans agent, les gens sans deniers, hommes et femmes sans réseaux, dentelliers de la pauvreté, couturiers des longues jointures de journées et de nuits à deux bouts.
 C'est étrange comme les chevaliers à l'armure d'argent massif étincelante au soleil de leur céleste magistère moral répètent à l'envi leur mépris de première classe envers la chaîne TF1. Celle-ci souderait aux chevilles des économiquement faibles, et de leurs frères de misère, disetteux assis en cercle dans les creux d'une vie de silence, le bracelet électronique de leur acéphale dépendance.
 Quelquefois le jeu des Douze Coups de Midi s'offre à payer une année de frais de combustible, de chauffage et de loyer, à ses téléspectateurs en échange de l'envoi d'un sms que miragent les auspices d'un tirage au sort.
 TF1 pourrait représenter, par les chemins d'absurdie d'un petit minuit rebelle dont ils ont le secret, la chaîne redistributive de leur idéal fouriériste.
 Les journaliers de Télédrama rient, et crachent une nouvelle fois par terre pour se signer devant ces obséquieuses diableries offensant le quant-à-soi de leur narratif.
 Ils préfèrent défendre les retraites dorées des Seigneurs du secteur opératique des services publics mal compris par le tout-venant des paysans toujours prompts à dévorer les membres ailés de la sacrificielle danse des cygnes de l'élite.
 Vous savez, ces jaloux qui ne voient pas que ces tenants magnifiques boulangers de la substantifique manne transforment le pain noir de l'art des adultes grand-sachants en brioche pour le peuple-enfant.
 Christian n'en a cure, il lève les bras au ciel, ouvre les rimonim pour ceux qui sont, éternels, au bout de la cadène alimentaire des Quatre Pommes, embrasse la bague de sa madre disparue, nous adresse à la mémoire de son père, pense à ses deux fils, Abba, pourquoi m'as-tu tellement donné ?
Sa mémoire est fantastique, c'est un thaumaturge du classement, un ébéniste des cloisons neuronales et douces.
Ses yeux luisent lorsqu'il aime les gens.
 Les gagnants récurrents de ce jeu font preuve d'une personnalité hors du commun, ils savent chanter, jouer d'un instrument, parler japonais, faire des tours de magie, ont un talent fou, qui demeure modeste afin de ne pas faire d'ombre à l'animateur qui rame plus fréquemment qu'à son tour et n'a jamais ne serait-ce que caressé posséder l'un de ces dons, pour mettre l'ambiance sur le plateau.
 Les journaliers de Télédrama, confondus, marquent l'arrêt, nous sommes loin du compassement rarement dépassé des studios de Question Pour Un Champion ou de ceux de Nagui, narquois sans finesse, dont les participants sont d'une compagnie qui leur ressemble. Cette interdiction, lourde sur le marbre de leur journal, les pèse.
Leurs outrages sont vendus à vil prix, qu'amiables allaient-ils faire à la mine de ce salaire ? Mal dans leur peau tendue devant ce spectacle qui semble faire société.
 Désarçonnés, ils se demandent comment les pauvres peuvent prendre tel plaisir et s'amuser ainsi.
 Christian semble racheter exprès pour eux la paix du Christ des culturellement millionnaires au centre même de leur Gethsémani télévisé.