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jeudi 12 janvier 2017

Traduttrice Trasportatrice

Voir le film de l'article ici : https://vimeo.com/191647446




 
 À Barbara
      
Forêt de Białowieża, bouleaux fascés de Bialovèse.

        Il n'y a plus rien, pas un gars de l'équipée Monuments Men, votre mens animi reprend les actes des rôles là où les mains de braise les enterrèrent, Barbara.

        Sondeur de terrain, splénétique tâteur de vos reins

        Grand Blanc en avant des paragonies du rouquin.


        Talc ataraxique, le biały a poussé horizontalement sur l'oïdium nazi,

        étale du sable Blutumineux, blaque bleue comme l'enveloppe de sang qui rampe au flanc d'un rorqual margi sur la grève,

        limons d'une rive moellue du phosphore de cet inaudible limes.

        À cette limonade d'idiome ozoné par l'immonde vous ne boirez pas, vos lèvres voudraient rester closes, sessiles pour toujours, faire rentrer à l'étable d'ivoire de leurs dents creuses toutes ces phrases indigènes chargées en bouche des gens simples comme les mules bâtées de la motilité.

        Tout est plat, Barbara

        "Ja, das ist das Platz


        Sortierungs Platz


        Das war furchtbar"


        Dans cet envers blanc des plaines pâlies de palissades affalées, les seules montagnes sont celles que dessinent les pulsations du cabri qui vous dévore l'alpage de la mémoire à l'étage thoracique.

        Translator in motion, tu interpréteras ton prochain comme toi-même.


        Edward Ochab, son père, a vu de ses yeux rouler les essieux oculaires du panoptique soviétique sur les rais et les stries du canon à mensonge graisseux comme l'écartement d'un rail de macula à crosse de Luger sur la tempe de l'histoire non officielle, derrière le corps vitré de la frontière, le rideau de vair de Brest-Litovsk.

        La colline a des nuques et les fosses ont des cieux.

        Vieux Füssli, les cent daims du miroir éteint en font sauter l'eau dans une mare aux symétriques fumées de tigres.

        Marina ne le sait pas, d'ailleurs elle ne sait rien, ou pas grand chose, est de toute façon trop ronde, gibbeuse à faire saliver les lagopèdes et capucins de la cambrousse, de plus son physique et sa voix ne semblent pas d'ici, lui aurait-il dit.

        La première n'a pas d'autre choix que de retirer les doigts hors la gangue de sa voix mal forée, voie de forêt fade voracement ferrée.

        Transports non mureux de la reconstruction verbale.

        Barbara Janicka et Claude Lanzmann devant les Polonais de la seconde moitié des années septante empalés dans leurs souvenirs frais comme le givre sur les dents de la Bête.

        Le pavillon pâle et sang de Solidarnosc enfonce ses lèvres dans la gerce profonde du mors aux vents.

        Langage des signes décalés vers le bleu labial.

        Barbara se détend, les désemberlificote, Barbara se défend, reformule, du discours, les parties aliquotes.

        Dans les glissements de paroles, ornières d'articulations tordues, partagées entre la matière noire de la phonation des paysans polonais et la voix de Stentor du soleil blanc de la pensée de Lanzmann, ondes allongées de choreutes et de parastates chauds et froids rattrapées d'une main de Człowiek z żelaza par la traductrice cosmolinguiste.

        Tout revient, les mots malaxés se rapprochent les uns des autres dans le bleuissement d'une vitesse de souvenirs proportionnelle à leur concordance.

        Le lièvre de la pampa se fait sapin lagide et traque le chemin de racines déveinant de leur béton les troncs larmés en blocs de la tanière du loup gavée de pulpe des anciennes écorces des peuples de Ptolémée.

        Les pauvres hères de la campagne, objets célestes tout étonnés qu'on s'intéresse au rayonnement de leur minuscule ultraviolet, furent les premiers à prendre de plein fouet les neutrons d'une comète à tête et queue sales, épouvante d'une extermination d'enfants, de femmes et d'hommes de leur propre pays, qui les rendit témoins (nombreux voyeurs, baigneurs de la Schadenfreude, profiteurs accidentels -- Simon Srebrnik fut sauvé par la jeune fille d'un couple de métayers polonais --, ouvriers d'un courage trempé dans les acides de la plus grande acuité mentale qui aidèrent les Sonderkommandos d'Autschwitz à sortir les photographies d'Alex du caveau noir de Birkenau), désespérés d'être versés portion congrue, ions bibliquement déchargés sur un échiquier sans damiers tendu sur le vide, dans le champ d'aboulie à l'extérieur des cromlechs d'une secrète damnation.

        Nous savons tous ce que les nazis réservaient aux Polloï slaves, who were the real Brutes, we all know (tout en n'oubliant jamais ce dont furent capables les élites nationalistes qui chauffèrent à blanc les paysans à Jedwabne après avoir laissé ceux des croquants de l'est du pays dans un état d'arriération culturelle lorsque l'émancipation de 1863 vint polir l'habituel creuset d'une région soudain affaitée par d'autres instruments d'une mystique parallèle).

        Le film de Lanzmann, effroyablement beau, est un voyage lancé à cire de wagons perdus dans le noir des forêts de la réminiscence, atrocement belle comme la chevelure d'hiver de la sylve polonaise, dont malgré tout les trois traductrices surent faire sublimer la glace.


        Chelmno,

        Forêt de Białowieża, réseaux coffrets de Bialovèse.

        Souviens-toi de Jan Zabinski directeur du zoo de Varsovie,

        d'Antonina, la Belle Hélène des sous-sols, cigale par la pensée du ghetto d'où émet Szymon Tenenbaum la vibration de sa précieuse collection de scarabées

        Inestimables comme les Lipizzans de l'école espagnole de Vienne que Patton prit sur lui de sauver.

        Syndrome de l'épitaphe écrite sur les os et les restes de la neige lorsque le socle rocheux fondu s'est évanoui, cela fait tâche ingrate de la traductrice qui doit fabriquer, de ces sautes d'écarts de l'inordinale chimie des mots, son cardinal wordinaire.

        999,999 Luftwagons. Simon avait raison, la vision des hautes herbes, l'air du chant ancien, Ner à découvert, comment décrire Chelmno après le poème de son retour ?


        Przesuniecie ku czerwieni

        Décalage vers le fer de l'Homme du verbe

        L'Aural

        Transmission, mémorisation

        Labio-létaux hyponymes, chevaux des grottes du paronyme, surbonds en -nik, יידן résinences, les enjugaisons, le brâmmaire, l'asymptotaxe, les raccords, les pasdeverbes, les orifixes, la rebondance, le fléaunasme, les affaires de sas et les isolats de tifs coupés d'un seul pli de ciseaux en in-vingt-quatre, le dévidentiel, le nurture, le groupe hominal, la spasmonymie, la faminiforme, les salines diacritiques, les cédilles processionnaires, le Nérondif, la hache muette, l'échohâtif, le surirréel, Le cas Nada, tous instrumentaux du bialym


        La nivôse du mal humanitaire impuni

        Les germes du souvenirs ont débluté comme ça

        À la tombée de la pluie de tracts sur Berlin, la nuit au fond des combles

        le nom du paquebot (que Roosevelt prescrivit au grand océan absorbeur)

        Les seules dernières trois heures du Docteur

        Il n'a rien vu à Hélioshima, l'ombre des photons du témoignage ne s'imprime pas sur les murs.

        Un Phalanstère donnait bien leurre

        Et le change à Theresienstadt, le beurre

        Et l'argent du meurtre, tel un coucou suisse

        Il n'a pas trouvé sa matière, piètre astronaute, ambassadeur-bot, il a laissé boiter le soleil dans sa cave de Nevers

        Et le soleil devint tout blanc pour s'effondrer sur lui-même

        Les ardeurs boréales

        Brouillard de sudation animale

        Le dilatateur s'habille d'un rien des restes du tout de sa prédation

        "Absolutely to zero point,

        das war eine Masse"


        Le récit de Vrba

        Vrba possède un dit en lui, son sourire fermé verbalise un écrit qui transperce

        De Administrando Tertio Imperio,

        Tous les bureaux


        Barbara se remet à ébarber un Zyd là où s'ébrase un Zydki,

        C'est une jeune femme qui doit avoir lu tout Virginia Woolf et multiplier comme elle les esperluettes dans sa correspondance privée, en tout cas cela se sent à l'oral, on croit nettement les entendre.

        Elle devine qu'elle ne pourra pas faire passer les nuances cheminotes du discours du Pan Gawkowski, ni sourdiner aux oreilles surfines du mara les éjaculations, qu'il ne résout que béliales, du rire de monsieur Borowi, le gros au sous-pullover rouge carmin orange presque bordeaux. Les enfants jouent au football dans le champ voisin.

        Pour le cas de monsieur Filipowicz, c'est peine perdue, voile et vapeur, on ne sait jamais de quel moi celui-ci se réchauffe au milieu du courant des eaux du montage, si la chair de ses propos coule comme le canard ou s'envole au ciel tel un poisson.

        (Ce qui n'en révèle que plus au grand jour la tâche énorme à laquelle durent se coller Ziva et Anna derrière la moviola.)

        Protochronisme - rétroprojection nationaliste

        Le Nix des Sorbes, Sobibor, Babi Yar.
La barbe taillée de Richard Glazar,
les émaux fondants de Treblinka.

        Blanc-estoc et métal hâblant de la lingua nazie.

        Bourreau de la trêve des rails, le Speer de l'Organisation s'est levé Todt, taureau des matins de Hitler ressuscité de la dépouille d'un novillo écrasé sur le tarmac du Nebel hier à tête de Himmler.

        Lanzmann a beau faire de modiques fautes d'accords et manquer un peu d'endurance dans les désinences, sa compréhension de l'allemand est parfaite, on est en droit de penser qu'il se traduit lui-même dans cette langue, avec ce langage du corps qui n'épargne rien de l'autre face à lui, ni de lui à la place de l'autre, pour ne pas trahir son grand effort historique, surjouant sans effets le journaliste platement sourcier de quelque confidence faite depuis une sacoche sur le vaisselier.

        "Everything stopped by a command",

        L'anglais étincelant de Abe Bomba ne tient pas compte de l'Himmelstrasse accentuée par Lanzmann, il s'arrête à The Road to Heaven, The Himmelway, dans une dernière tentative d'ultime accord avec lui. Et revoit dans la chambre le visage de la splendide Ruth Dorfman.


        Vieille parcheminerie des blancs-manteaux de la rue

        Kloster Benediktiner

        Le Strahlungsgesetz

        Monochrome de vert et de neige bleue

        Mont Pantokrator

        Fouiller les cendres synesthètes

        Néantir

        Constater au poignet par acte authentique

        Le grain de son pouls dans la prolongation du train à moudre

        Les indicateurs chus dans la chaux vive verticale des flammes d'un chai du soleil aux vignes insues

        Sporen gercées, reflets dans la vitre vert bleu blanc procès rouge

        Représentables pigments de l'irrécouvrable

        Travelling de Kapo - travelinguisme

        martyr en grec témoin de la littérature de la Shoah

        Dyalise de la triade Lanzmann-Karski-Haenel

        Non mon vieux, on entre au royaume des morts comme dans

        Ellis island par un mouvement arrière du regard du beholder, auresco aurorance désorphiée.

        L'aspiration de la statue de la Liberté par la chambre obscurcie délicatement au passage des orbites fondues sur le visage bleu du résistant polonais jusqu'aux miradors d'Auschwitz, puis les cheminées de la Ruhrgebiet et les tuyaux d'échappement des camions Saurer, n'indique rien d'une translation vers la Toteninsel, c'est un magistral salut cinématographique au Déviathan, baleine blanche d'un écrivain d'une ville chrysalidée, déviée, qu'aima tant la chère et tendre dame du réalisateur. Dans le dévissement du temps, les ricochets de la Bièvre patagonne disparue, la phobique attraction du raccourcissement des cols de cygnes, transparaissent les contre-filmostopies à la neige gravide, périhélie toujours à la mâchoire du monstre froid.

        Ne ment pas un corps de langage que dore Sikorsky de sa raideur aristocratique


        Lancement du Langsam del Devasto et du Nausicaaenel de la Nausée au Nouvel Havre des Ménades

        Théodicée de Johnny that talks too much 
        Monsieur Witold n'a pas le glacial des yeux sur la langue, Varsovie n'est pas un ghetto pour la montre,

        The emotional creak du chargeur changeur de monde.

        La blancheur des planches,

        le plancher partit en fumée entre le travelage de la Route Noire.

        Loi du déplacement, constante de Wien,

        incandescence dépendante du rayonnement du corps noir à la longueur d'onde

        Néantir. Nantissement des biens incorporels.

        Le cheval qui boit dans son blanc. Naseaux d'une autre couleur que la robe

        Normally white - transparent dans la tension électrique aux pixels (ou contraire : opaque noir), écran à cristaux liquidateurs

        La longue érosion des débords de la couverture que l'on a tirée à soi

        Sortir du noir

        Aleph tav, la marque sur le boeuf

        If all you have is a summer, everything looks like a snail

        White slope


        Reichsministerium Ostgebiete


        Archives nazies gardées au frais par le régime soviétique jusqu'à sa déconfiture

        Saül Friedländer, Anna Bikont de la Gazeta Wyborcza, ma mère me dit que Francine Kaufmann emploie une langue trop châtiée pour rendre l'hébreu israélien de Yehuda Lerner.

        Je lui dis penser qu'elle essaye de s'approcher au plus près du transfert de cette magnifique chaîne de récit qui jaillit des yeux du rebelle de la fin de journée du 14 octobre 1943.

        Qu'Elle semble préférer conduire à nous l'intelligence vive du témoin, en spécialiste de l'exégèse rabbinique qu'elle est, Metourguemane de la traduction audio-visuelle (la TAV comme ils disent), championne de l'exercice midrachique, orfèvre de la responsa.

        Kultura. Magasin blanc des feuillets des hivers vides à balle creuse. Je retourne boire le film au Muranow, au centre-ville du puits du souvenir de la soif. (tapé du 10 au 15 novembre 2016, entre quatre ou cinq diffusions du film Shoah, tard le soir ou la nuit.)

dimanche 20 mars 2016

Bad und Nuba

Manomann...! (bewundernder Pfiff)

Bad und Nuba
Née Belle unter blauer Nacht
Stille Großmacht
In dem Badezimmer zieht die Passionsblume curuba
Cantique du pétrissement de madame Frauke Petry.
Contrapuntique à celui de Frau Petra Kelly,
souris vertes et louves grises qui se bastonnent
derrière le liège des glaces que fractionnent
les couvertures du Spiegel,
plaques argentiques du bon goût que l'on usine amoureusement à Ulm, clichés chocs des imaginations vous frappant toujours en pleine face comme la balle, ultima ratio regum,
d'un Desert Eagle.
Miroirs aux Alaouites, syriaques mirages orthodoxes,
reflets de la Corne d'Or dans un œil mort,
In der Hitze der Nacht, avec un morceau de fer sémaphore
caché dans un gant de boxe
arrêter le regard du Rabe
qui fait fuir les Arabes
vers Berlin, vers Paris, triste sort
jadis américain
qui s'encrait dans le blues de Sydney Poitier vers 1961
et faisait saillir au jour depuis les caves de Saint-Germain
la musique noire, crustacés et myriapodes armoricains, petites notes perdues, traces de pattes de saxophones dévorées par les crabes.
Münder Unter Messer,
voici revenu le temps des Haschischins.
Toute la bonne société de Laodicée
va bientôt y passer, and to a lesser
extinct
, toute la diversité du Moyen-Orient, notre prochain.
Leni mit les voiles vers le Nil-Blanc et sa théodicée
qui reconduisait l'humanité aux sortilèges transgresseurs
de la source d'un numerus clausus ancien
coupant net les humérus à la saignée de leur trochin.
Vatti Albert, sacré mystère Papa,
trouvait que sa fille
avait, comme on dit en allemand,
un regard d'argent,
strabisme divergeo-convergent
qui diffracte la lumière dans les traitements antireflets et font partir en vrille
les données anthropologiques des Pygmées et des Négrilles,
peuples indécis qui ne ressortent jamais indemnes, ni grandis, de leur séjour dans le marigot d'un objectif Carl Zeiss, von Iena.
Da, da, c'est vrai qu'elle tapait les 400 coups
dans les allées du Tiergarten,
menant la vie dure à son père, de l'aube à l'heure du loup,
de Vargtimmen lapons en autrichiens Bergfilmen,
chaussée de patins à roulettes dans les rues de Nixdorf,
un peu comme, lors du procès Papon, le fils Klarsfeld à Bordeaux en somme,
ou Arno Breker qui ramassait de la laideur tous les morphes
pour les placer en majesté sur le toit du Caucase, l'Elbrus des surhommes.
Dadurch, le paternel remet d'aplomb les sanitaires
des Mietskasernen de Neu-Köln,
roi des eaux de colonnes,
prince des pierres à éviers, Œdipe entre Molloy et Malone,
ingénieur des effets de comblement dans le foehn
des vides humanitaires.
Pour l'oncle Gitler, quoi de plus naturel
que de se prendre de passion pour les inventaires
capitulaires du dix-septième siècle,
qui veillèrent à l'invention culturelle
du lavabo, vasque où se lave désormais le sang des cautères
acquises, au rinçage des serres et des plumes, par les mains des coqueleux.
Gitler devint ainsi l'aquamanile du Reich millénaire.
Leni le trouvait chaud comme du bon pain,
rien à voir avec l'amour, Mit unbeschreiblicher Freude,
elle avait simplement besoin de lui, d'être son leude
agile au féminin, l'une de ses quatre femmes de parade, sans aucun grappin,
pour assurer subsistance à sa technique,
faire lâcher prise au Mit brennender Sorge,
partir sur les routes de Pologne avec un Luger à la ceinture, au dos de la tunique.
Tu n'as rien vu à Konskie, ni les orgues
de Staline, ni les orgies des Einsatzgruppen,
les Sinti et les Roms qu'ils vous avaient prêtés,
furent rendus en l'état sans beaucoup de peine.
C'est chouette un état fort, rien en vain n'est affrété.
Nichts vergeht, tout se transmorphe, se trans-fern, s'entre-éloigne, se dékörporifie, se téléporte dans sa part de fumée.
André François-Poncet entendit et décrivit son rire gras,
sa bouche éventée douchait les pièces et les salons.
De sourdes émoticônes mettaient déjà le jambon de la guerre en torchon,
Avec ses moufles de rustaud il caressait sur une carte les mers et les terres en maître-stratège des combats.
Ce qu'il ne faisait pas en chambre,
il en posait les jalons
sur la longue steppe mentale qu'il démembre,
usant le feu du vert de l'été, découpant et recousant ses galons
avec l'aiguille en fer blanc de la décoration du printemps
garante des chants de gloire
de son général hymnaire qui durerait douze ans.
Galons de fauves. Salons de pauvres. Rizières mortes des enveloppes de fantômes aux pâleurs noires.
Der Weisse Rausch.
(Ecstasy im Badezimmer.)
J'ai toujours pensé que ses films de Babelsberg étaient moches,
et que Thea von Harbou avait plus de classe sur le pont du Steamer
des collages du Heartfield des ténèbres
qui portait dans le sens du courant
le cortège des âmes mortes vers les Niebelungen du funèbre,
au cœur du soleil des peuples mourant.
George Lucas la développe encore
sous la lumière rouge de son studio.
Tous la vénérèrent. Ou presque, sans se faire trop de tort.
Même amère Penthésilée, Cocteau, Sow, l'eurent dans la peau, la suivirent pour qu'elle les macule de ses ocres de Kau.
Elle était du bois pentathlète dont brûle, sans faire cendres de leur passager, les cercueils,
une indestructible, l'élaboration d'un insondable courage, amie de la transe des robots, instauratrice de carrières, impératrice des sauts de barrière, un cas génétique.
Chute d'hélicoptère, taxi-brousse fracassé par les écueils,
tout son pouvoir régénérant frénétique
faisait soudain mousse, la ranimait fraîche du royaume des forts
dans les palindromes fatidiques sans entrées
ni sorties, et dont Euclide de Mégare aurait oublié la clé entre deux feuilles.
C'était ça Leni, Bruce. Ihre Brustwehr war fabulous.

Bain d'arrêt, sels d'argent moussants et fixateurs capillaires pour teinture blonde :

Jérôme Bimberet raconte dans son livre, écrit sur elle en 2015 chez Tallandier, qu'elle n'était pas très fière devant l'arrivée des Américains, puis des Français qui soignèrent sa déprime aux électrochocs.
Cela sentait le brûlé lorsque l'officier entra dans la chambre où tout un stock de péloche calcinée gisait près de son sac. Reliques du fameux tournage controversé (jamais prouvé, et pour cause) peut-être sur les lieux mêmes de la sélection du Ghetto de Varsovie ? "Wo liegt denn meine Schuld ?" Elle osait même refuser l'abri facile du parapluie victimaire.
 
Championne dans les langues kordofaniennes, pilote hors-pair sur le fleuve souterrain de sa passion nilotique, je me suis toujours demandé ce qu'elle aura pensé -- depuis les soudures apparentes de son Soudan aux marques de soleil noir censées la nettoyer de la catastrophe romantique qui l'imprima vive sur les plaques de verre du national-socialisme --, de la pénétration (photographie arrangée, peut-être, mais qui disait tant, et retournait plus encore, tordait le cou à la petite vie méchamment bourgeoise d'un pommeau de douche misérablement obscène dans la salle de bains de son Führer adoré par delà bords et débords) que s'offrirent Lee Miller et son assistant dans l'appartement de Gitler à Munich en mai 1945. 
Mitläuferin du NSDAP, elle se sera ouvert les routes du Lebensraum avec l'argent étatique nazi, deux limousines Mercedes, un camion ravitailleur gorgé de Benzin, un Kübelwagen chargé jusqu'à la gueule de bobines et galettes, une autre command car, deux motards éclaireurs, trois ou quatre amis scouts embarqués dans son Film crew, elle sillonna les voies arrière de l'Einmarsch comme un saphir sur le vinyle du territoire des souvenirs fragiles, dans les anthracites d'un merveilleux désespoir, précieux charbon révélateur d'un Traumland, génies de l'antimatière aspirés dans la susurration des gravitons sublimes de Zarah Leander, cauchemar idéal imprégné dans ses couches profondes d'avenants fossiles, sans avoir les traces du doute mousseuses à ses lèvres de vermouth. Qu'elle enfühlât tout le monde après la guerre, avec un plaisir non dissimulé, ne fait pour moi guère de dépôts au fond de la soute. 

Heureka..!
Jusqu'ici tout va bien,
il a son petit char Tigre
à portée de main,
ses pantoufles en peau de satin
tricotées par son UFA-Braun
aux yeux châtains,
juste avant qu'elle n'émigre
un matin
en Afrique jouer les Amazones


Bigre, verdammt, Hier she comes..!