vendredi 18 décembre 2015

Le Camtar du Canyon de la Solitude

446_ La Parabole du Peak Oil et du camion-citerne aveugle
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À Jérôme

Dead cart dual spark ignition
non starter for hours on end
Where is the truck that Steven built ?
They put John Galt
in the trunk of the Plymouth that Steven shut and that they now jilt.
Es wird kalt
auf dem veroneser Erdboden.
Ohne Ziel, eine kleine Fahrt
machen.
Unsicher die Gegend,
V8 engine E.E Cummings, try your Macht.
Despite a riptide of formal guilt,
All over and over again, it's your mission.
Never let a good crisis
go too far west down under the glacier.

Étal de tôle froissée. Enfumée de diesel.
Le poison vif des montagnes du ciel
nourrit par césarienne de ses cimes à leurs arêtes.
Bouts de thons rouges aux ailes d'acier,
une citerne-idée derrière le pare-choc les étète.
Trains de roues rossés dans l'huile d'argile.
Traces de fluides détroussés par un Lockheed hostile,
torsion d'essieux sur la jante de la route où crissent
écrous et boulons comme lâches qui pissent
l'anémie de leur courage à la sortie des villes,
dans les creux des restes de queues de leurs comètes.
Moissonnerie de cols alcalins à terres sanguines.
Si les yeux pers des virages
pouvaient viser droit dans les erres du Mojave,
on verrait fleurir au désert les exocets.
Humeurs excrémentées des nerfs de mouches écrasées
sur les rails du déficit de l'Amtrak,
étalage de trafics routiers,
ferroutage dont on gère tellement mal la gazoline
qu'ils trouvent normal que l'état casque et raque.
Fusain d'oranges assoiffées de marteler les lisses
angusties des voies d'une petite flumina frontis,
coup de freins à main sur la rosée des reins glacés
dans le roulement libres des barres à mine,
carcan brisé des tours de volants
et des fraises de gyres, les doigts sur l'océan
de mirages rapides et lents à bitumes
perdus,
puis resurfacés dans les vents violents
de sable tordu qui recouvrirent les sigils,
non venimeux depuis l'évaporation de leurs scrotums.
Radiateur moins vaillant dans la course de côte décharnée
comme la poitrine d'un sadhu,
le thorax d'une béguine.
Découpes des viandes du camion de la solitude,
exceptionnelle provende des plis de chemise à fils
de batterie que décosse la magnitude
des grands éboulis sans le secours agile
des tremblements de terre violacés
ni du piston boutant mousses qui offrent pourtant pàbûlum
des oronges dont la distribution gratis
des calmes spores
ne réveille pas la Plymouth qui dort
incarcérée
dans les duvets de l'airbag, eider décédé à la place du mort.
Au cœur du canyon baigné de crude oil dévissée
le long de sa coulisse
dans l'air vicié qui se repaît de cette chute arrangée,
les chanterelles des portières s'escriment à bailler
belle la visserie des porte-gobelets, trouvent pédales au dernier repaire
des os du tableau de bord.
Pleurs de graisse dans le goutte à goutte létal,
même les lames des caoutchoucs deviennent bolétales
et concolores
à la matière du fer que l'on initie de force
au saprophytisme et son funèbre négoce,
puis drosse
vers l'écume des baies, vitres échancrées du nombril jusqu'au torse.
Carnes fêlées où glisse la chaleur du soleil sur la pointe des gommes
et les carres de bris de verre étouffés
près du réservoir le ventre en l'air
que la forêt d'un Los Angeles pétrifié
enserre déjà de ses pattes comme l'aigle la vipère
avant qu'il saisisse par la dorsale du hayon deux poissons renversés dans la respiration accélérée du saint Calice.


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