dimanche 28 octobre 2012

173__Ce n’est pas du sous-Philip Roth, peut-être est-ce tout de même du para-Philip Roth, paré en cachets dans l'enrobé d'une police de la pharmacopée d'un permafrost. 
Ce n’est pas un exercice illégal de la médecine romanesque du docteur Roth, c’est juste un peu d’automédication rothienne peut-être bien quand même, qu'on roste, ou pris la peine de rédiger sur une simple note, sans l'ordonnance d'un vote.
Est-ce un grand roman sur l’Amérique ou un ouvrage épais sur le même sujet ? 
Dick, Dicker, tous les comparatifs et superlatifs sont dans la nature et la culture du critique littéraire prolixe en surjets, qui saurait lui jeter la première pierre ponce à partir de l’instant où il sait lui-même rester fluide et léger dans la rigole de l’exercice légal de l’hyperbole ?

L’atelier de Hopper est lieu de combat permanent de charpentier mené avec le grand-oeuvre de la lumière et ses rais invertébrés pour faire oublier aux femmes et aux hommes des années trente, quarante et cinquante tout ce que l’époque avait de manières d’épais, de corpulent et d'infra-lent, de volumineux et d’adipeux, de gros et de gras, de schwammig et de sämig, massives.

Son rôle, sa tâche, sa passion furent de rendre compte aux magnifiques graphisme et design de ces années-là, de les remercier de leur grâce, depuis leur réserve de maigre et de vif, constitutifs de leur état, de leur faire signe dans l'espace et le temps d'un seul éclat.

Que Joël Dicker tente d’harponner la terre gaste du Zeitgeist de l’Amérique de 2008, qui reste celle de Roth, mais aussi celle du divin enfant, inouï de l'Inuit, que les puissances du très-haut offrirent au pays hôte, Barack Obama, le champion virtuose de la lyre et de la rote, et de nous en distiller, après l’avoir traitée, toute la graisse de cachalot afin que nous soyons en mesure d’éclairer nos lanternes dans l'écume noire des fours de ce romancero, n'est pas course forcément fausse, ni recherche d'ivoire clair fatalement sotte.

Mais cela semble manquer de sel, faute de roches en fusion dans la liesse, la mer plate du style se noie dans sa propre hotte. Tel Loth on lèche les plaies de quelques doutes, j’aime bien lorsque Roth, dans ses romans, envisage que nous apercevions un certain angle que fait la lumière dans une pièce, en appuyant simplement sur un interrupteur électrique, c’est rapide, c’est net, cela ne ressort pas de l'imaginaire d'un prote.
À l'inverse de ce que l'on croit, ce n’est pas forcément prise de tête, la modernité rothienne, quand on s'y pique et frotte.

La longueur d’onde de la lumière solaire des grands paysages des Diners, c’est très dur à tendre sur le papier toilé.

(Et difficile à saisir depuis l'étage panoramique d'un Greyhound double-decker garé devant les nuages, marouflés en bunkers, de la réalité.)

Lui, Roth, Martha’s Vineyard, il s’en fiche, la Nouvelle-Angleterre des Wasps, il s’en cogne le coquillard, il l’observe avec énormément d’intelligence mais de loin, dans l'éblouissement de la conscience d'un brouillard et sa friche de feint espoir.

En revanche, sans les visiter beaucoup, il a une connaissance intime de l'esprit qui habite les américains qui vivent au Wyoming ou dans le Dakota (des places qui font peur au Dicker délicat, mais qui firent rêver et penser Hopper qui les développa, un peintre plein aux as de Pictes dont l’oeuvre du jeune auteur suisse « s’emballe », comme peu s’emballer un coeur gros affolé par les dépôts de graisse qui l'entourent dans le feu tactique d'un fumet sans rôt.)