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dimanche 31 août 2014

Un Balcon amphoré. Lata 80 - Gdansk

Marguerite Duras, "L'été 80" -
 Passage de Gdansk
à Trouville.
Sensations polonaises,
défaite du Minotaure
de totalitaire salaison.
C'est la saison du moins fort
qui l'emporte sur la cité des hivers stalinophiles.
Le coeur de l'été a ses fournaises
de déraisons
que le corps y dore


Vestiges de l'outre-tain des éclats d'une glace, vertiges du miroir d'un balcon de l'hôtel des Roches-Noires à l'été 80 trouvé dans une amphore à grains et grenats d'Etrurie au fond de la baie de Seine qu'enlace le sommeil des patelles entre Trouville et l'ancienne Franciscopolis, au jour du solstice des tueries de l'été 14 qui vint.
Courir hier pour Dantzig, agrandir le couloir sanitaire de la plage blanche comme l'hiver, cueillir les fleurs des coquillages à valve étanche aux sels de terre, aujourd'hui, ramasser les calots des ambres enflées à la fumée des yeux morts de Syrie, se pencher sur les coeurs fondus de Libye ramenés dans les filets de l'énorme seine d'un état d'ivresse islamique et jetés, carnage encore battant, les grands soirs d'oracles, sous la terre d'Irak, dernier abri des charniers destinataires.
Regarder, comme des moules aux bouchots de leurs divans, le massacre tranquille des Chrétiens de Mossoul dont les larmes vont rincer les vents. L'oeil chaud, la membrane perfusée solide à la dalle de l'écran, sur le dos de la Crimée et le Don des bassins houillers, écouter miauler les bombes des crânes Sukhoïs partis lécher les villes, s'élancer les missiles à la seule force des joules vers les avions civils, ou que veuille l'oeil simplement s'imaginer voir voler les MiGs.
À l'Antifer de sa chambre face à la mer, elle observe l'homme de fer à la Manche de Gdansk se débattre dans l'antichambre de l'enfer que dorent les fibres de l'amiante moscoutaire, fils de laine frottés d'alacrité statique, qui volent dans l'air livide d'un vieux port de la Baltique invalide comme le pollen des pulmonaires en plastique le faisait depuis toujours dans la serre à stéroïdes du communisme modalitaire. 
Elle se lève, ouvre la fenêtre de l'amphore, les enfants dorment encore, le soleil est au lavis sur la grande levée de sable et d'herbes qui fait rempart lorsque la corniche s'assoupit, elle écoute la source du silence taire l'écho des anciennes quiétudes de tous les havres de l'Angst, dans les couloirs de l'Armor aux corridors jonchés de sépites, colère de lys écrasée, on entend les océans parler à leurs mers des filles et des fils de Gdansk.


         (Tapé le 5 août 2014.)

dimanche 15 juin 2014

L'été 14 vint

À Marguerite Duras 



333__L'été quatorze vint.
(Trente et quatre ans plus tôt,
l'été, parti mille neuf cents,
revint quinte battre
dans la monnaie du temps,
pour renverser quartes augmentées
sans les diminuer.)

Sape d'un passé saumâtre.
Après la pluie vient le beau torse
Du vent qui rafale à 80
La tête d'Antifer et son droit d'ester.
Sèves de Seine sur la valleuse d'Èletot
écorcent l'albâtre de la falaise à flanc.
Cap de Maure, oeil noir, moussent l'oyat et la gorse
Souffles et corps d'un cheval au galop.
Seize fois cinq rougissent dans l'âtre.
Vient l'été quatorze.
Deux mille dix-et-quatre.
L'été vingt-quatorze.
Quatorze fois vingt
Deux cent quatre-vingts
Double quarantaine pour sirènes rugissantes.
Navire-épithélial à quai
Sur la prosodie amère de base 20.
Homère à l'Hôpital des Quinze-vingts
Cellules souches à l'oeil du morse
Dans l'arborescent orage
Et sa tempête de bâtonnets
L'été mille cent huitante.
Vinrent quatorze étais
Border de leur cordage
Le mât du quatorzième été,
Des travailleurs de la mer le borinage.
L'été à l'étrange affect
Regarde à deux fois quarante
son vigésimal aspect
(The sea decor that everybody decked.)
Sorbets aux fruits divins.
L'airelle-myrtille, lymphe teint-vin
des sept blancs étés de l'enfant retors
aux histoires de baies qui ne parlent pas de requin.
(Vous dîtes qu'il pleut,
on lui demande s'il chante,
il se tait, depuis le quinze juin
2014, comme tout
escholier d'Otrante,
il pleure.)