dimanche 27 mars 2016

Brennilis, Brasparts, Saint-Goazec, un jour de respiration dans la Bretagne noire (continué)





يا صليب المسيح
Y'a salib al-masih
O Croce di Christo
Qui semble angoisser de drôles de cocos mal assis
Ceux qui distribuent les cristaux
de L'Ankou mais trop pleutres
Pour passer par ses acrobaties
Ils veulent rendre votre croix neutre
La faire déchoir hors la vue depuis leurs piédestaux

Le Pape François, magnifique homéliste, homme à la granitique piété, grand fonctionnaire casuiste qui peut prier le même jour sous le portrait embéreté d'un presque docteur d'une autre foi, puis se lever et rappeler haut et fort, à condition qu'il le chuchotte en off dans l'estomac d'un avion, la trace du gant de chevalier que fit tomber comme du velours Jean-Paul II sur la poignée de frein avant de la motocyclette side-car Ural conduite par les ébouriffés de la théologie de la libération, semble devoir saisir, parvenir à calibrer, tous les symboles conducteurs de la puissance du sacrifice du Christ. Je pense qu'il voit très bien, alors que Jésus est encore légèrement tremblant entre deux enveloppes, celle du costume de pierre tendu par la mort qui déjà ne vacarme plus, celle de la peau de silence que sourcent à nouveau les étincelles du sang humain, l'énorme Noli Me Tangere volé qui aspire à soi, dans un miroir plan bâti dans les ateliers de la raillerie réflective et les stigmatismes d'une autocollimation bricolée à grands frais médiatiques baignant les gencives des points de fuite du rire le plus flasque, à l'image du continent de sa mondanité, le legs d'un témoignage, le foyer d'une épreuve de feu, quelque chose qu'il s'empresse d'empiler dans la boîte noire de l'Oculus Rift du riche, celle, celui qui meurt d'envie de se payer un planétarium personnel dans lequel enfermer un maximum de personnes afin qu'elles jouent avec elle ou lui, ré-encapuchonnées du chef d'inédits sacrements de sainteté : le politicien au sourire faraud que la rumeur aura déifié avant même qu'il soit élu, les quatre golems-héros des GAFA qui théorisent puis modélisent, en se payant le luxe de rouler en Acura d'occasion et de s'habiller comme pour descendre les poubelles, leur changement de paradigme de concert avec la Chine, tranquille étouffeuse de Chrétiens, les néo-féministes et les Occupy de tout calibre qui ne désirent que piétiner une bonne fois pour toutes les signaux des anciennes dominations et médiations venues du fond de l'Histoire de la civilisation occidentale, les hommes de gauche refusant à dessin, indigent plan and design, que l'étranger intègre classiquement la société, hoi oligoi amoureux d'eux mêmes. Ils ont beau jeu de ne pas se prendre officiellement pour des dieux, que cela ne nous empêche pas de ne pas nous concevoir non plus tels des Teilhard de Chardin ou des Thomas Merton de pacotille en disant qu'un jour le Christ pourrait renverser la vapeur (une chose qu'aimait faire, dans un grand mouvement pélagianiste du cœur, André Breton) et repartir, avec dans les mains l'esprit du toucher pétrisseur de souffle des trois Marie du Triduum, pour un peu plus de septante heures, vers les racines des buissons ardemment hommes, les millefeuilles des anthropologies minières des hommes d'hier, homines à essai qui avant nous vivront, dont la création ne s'est pas faite en niant le jour, petit, nucléaire, qu'ils soient enfouis dans la toux des fossiles de Sima de los Huesos et encore mouillés de l'ADN denisovien, voyage racinaire porté en bouche de vie par les réseaux des sources de Bretagne, qu'ils se cachent derrière le jardin de l'Homo naledi au fond de la grotte de Rising Star, dans la glaise des forêts du Yunnan ou les vallées fluviales de Sibérie, à la recherche de l'Ecce Homo antecessor, frère d'image qui le désensorcellerait de la sueur de l'essor d'un prétendu intelligent design, an intelligent arraignment for another assignment rather, sur la piste de tous les mystères mitoncondriaux, éternel retour vers le sourire de la lignée-mère. Pourquoi s'autoriser dire cela ? Parce que cela repose les cieux qui s'usent à force d'observer les moqueurs du christianisme qui vont faire des prières à Stonehenge en regardant passer les trains des solstices, sans aucun souci du respect d'un quelconque horaire du religieux, bien entendu. J'oublie de parler de Harold Bloom qui casse un peu rudement dans son dernier livre T.S. Eliot (a habit) et Coleridge sous prétexte qu'ils n'inventent pas assez leur christianisme, qu'ils se complaisent dans la rigueur de son logos, qu'ils ne possèdent pas l'imagination fertile d'un Emerson... Je n'ai pas saisi, sur la longueur, toute la signification de l'onde du gigotement de son fameux daemon qui me paraît de plus en plus conforme au vieux nouvel âge qu'on nous mijote sous les auspices d'un mage sculpté dans le marbre d'une mêmeté faite à son hommage, au milieu de la Mer, porte rapide qui fait cascader à la renverse la foire du béat aujourd'hui. (Passage tapé le 28 mars 2016.)

Mehr Argoat, mehr mariambula Mutter Armor
À l'emport du Ponant
Surprendre par la porte les devants
de l'enfer encore engourdis de stûpôr
Et la sueur verdelette que vous accolâtes au front des garde-sommeils du Levant
S'ourdir dans les tressaillés du tableau de la mort
Comme une goutte de souffle de vent sur les plages du présent
Retourné vivant dos à l'étal des peausseries du jour et de la nuit que travaille la massore
Transmuer les poussières du squelette de la mer en moins sèche substance d'estran
Se rendre en saunier, par des trains invisibles ou blancs, sur la rive qui dort
L'homme en charge de la pesée du sel caravanier remet entre ses mains le gouvernail des quatre cavités du sang
Sable, écume, grains défaillis, mâts et fûts repassent l'âtman à l'encornail, éveil jailli la force décupla tout ce que nous revécûmes en rêve au nu torse lorsque vous franchîtes, de la reconnaissance, l'enmarchement d'or.




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