jeudi 8 novembre 2012

180__Lorsque Saint-Augustin Meaulnes débarquait au Goncourt il y a presqu’un siècle, c’était en Renault, modèle DM 1913, autour de midi, en plein mille de la rondeur du cadre de sa montre Tambour Spin Time, au nord exact de son contour, pile au dessert, à l'heure du petit chrême, à l'heure des fraises. Il en ratait l’entrée de quelques mètres, pour finir dans la vitrine du célèbre restaurant de maîtres où déjeunaient à l'avance de délicieux squelettes de messieurs honnêtes déjà penchés à la fenêtre. Sa passagère, Yvonne de Galais n’en sortait pas blessée, ni profondément blême aux côtés de son Adam, mais gardait un souvenir cuisant des servitudes et grandeurs futures et passées que réservaient les seuils et les portes des réceptions littéraires trépassées -- celles qui donnaient un hypothétique accès, quand on visait bien, vers les salons de remises des prix dépêchés -- , spécialement aux Idoménée pareils à son amant in-consommé. Heureusement, un an plus tard, la console du grand verre voeuf remplacé, il n'y paraissait plus, et tout était oublié.