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mardi 30 juin 2015

Un Cahier rouge contre les Petits Livres Bleus

L'Importance d'être lui
dans la France du gazouillis
émis par les Mao constrictor
de la parole alors qu'il est déjà minuit
à l'horloge de la dernière Visite chez le Quack Doctor.

De la sorte, rassuré par mon incertitude même sur les conséquences d'une folie que je me disais que ne ferais peut-être pas, j'ai fait un pas après l'autre, et la folie s'est trouvée faite.

Benjamin Constant, Le Cahier Rouge.

406_ Je me rappelle encore la minute
où je faillis tuer de mort subite,
car tel il riait, tel il mourait, Jacobite
sous la hache vive de Cromwell comme on exécute
une épigramme à la volée,
spécialité de Benjamin,
avec l'épée et le pistolet,
mon professeur d'humanités à parchemins.
Je lui confiais lire les disputes
et les écrits, de Tocqueville, les jeunes anciens ;
Say, Constant, Ricardo, Smith, le Bastiat contemporain (c'est à ce nom qu'il me chahute,
qu'il se précipite un linge à la main
vers le lavabo de l'amphi pour amortir les fluides artésiens
qui débouchaient à son lacrymal marais comme des tritons et des vers marins benthiques hydrauliciens
que les hérons scrutent.)
Subissais traitement digne d'un bizuth qui dans les égouts de son passé rechute.
Je n'avais pas encore lu Le Cahier Rouge,
ni Cécile, mais connaissais déjà sort de gloire d'Adolphe
qui lui aussi fit pleurer à son boutoir tant de femmes sensibles dans les fouges
audacieuses de lectures publiques, aux théâtres de Londres comme à ceux du Bosphore, jusqu'aux salons où vont s'asseoir les villes du Golfe.


Discussion: (To James Poulos.)
Juste après 1815, assez proche des lointains hiers de la révolution non-violente prônée par la raison de l'oint Godwin William, Benjamin Constant vit l'implacable plan-domino des grandes théories généralistes visser son pas bleu-horizontal de morte-vrille sur les planches du cercueil de la réflexion philosophique et politique.
Selon lui une civilisation reposant sous la pierre d'un tel principe de sarcophage pourrait toujours vivre sur ses acquis, espérer être nourrie par les tuyaux habituels de l'intelligence, réseaux historiques de la nation, mais ne serait en mesure de produire quoi que ce fût relevant du domaine de la pensée.
Le monde intellectuel pétrifié filait vers sa mort.
Il prédisait, pour l'avoir déjà observé au Mercure de France, que les écrivains pris dans ce genre de filetage, ployant sous la pointe du taraud qui rapprochait toujours plus près de leur nombril percé le paradoxe d'un Zénon hébété par tant de contraction dans l'espace-temps, par pléthore de beurre cachectique dans des frottements dépossédés de l'antique lubrification à leurs microscopiques courbures -- (on pourrait d'ailleurs pouvoir parler bientôt à ce sujet d'une Vision-Hubble de Constant) --, soumis à cette pression, et pour la lâcher un peu, ne se mettraient plus qu'à rédiger des panégyriques (ceux de Debord devraient compter aussi), puis, petit à petit, deviendraient incapables même d'écrire à façon ces exercices de louanges.
La littérature finissant par se perdre dans l'expression d'anagrammes et d'acrostiches.
Très certainement est-ce l'exact diagnostic de la maladie qui pèle le dos semi-liquide des ruisseaux de matière sur lesquels flotillent les roseaux tailladés de mille échardes de calames invisibles entre les rives des Social Sorrows du digital aujourd'hui coffré dans le béton de la radicale absence physique, poinçonné sur la face des faux-jetons de la présence mentale de ceux qui tapent plus qu'ils n'écrivent, plus vite que leur ombre qu'ils décrivent.
Twitter n'est qu'un réservoir à jeux d'eau, dégoûtamment disponibles sur abonnement, fournissant les tuyaux, à 140 fanaux les jets d'amalgames et d'accroches, qu'il faut pour la meilleure diffusion possible des aboiements propres à l'exigence du dégoulinement de la bonne vieille bave idéologique d'antan.
En lisant l'article de James Poulos sur l'activisme twittérien, je me souvenais de mes lectures de jeunesse, de leur rencontre, (pas tant instrumentale d'un funeste de comédie que ça car j'appris quelques années plus tard que mon professeur, homme familier pourtant des tourbières de l'hilarité, était mort d'un dernier accident de lavabo lorsqu'une étudiante prononça devant lui le nom de Schumpeter) avec le rire académique.
Lavabo inter innocentes lacrimas meas.

dimanche 2 novembre 2014

Le Zemmour Amor

351__Cela ressemble au titre d'un film d'Alain Resnais,
l'humour en moins, gemmes des oxymores no more,
veine tarie, comme l'accent marseillais pour Fresnay,
Eric aussi en ce domaine n'est pas très fort. 
Cet attrait de la gauche radicale pour Zemmour,
n'est pas nouveau, et si cet amour reste honteux,
ils s'en duvettent, caressent les plumes, depuis toujours,
la sinister rumor ne passera pas par eux. 
L'aura de souffre qui l'entoure est peut-être un plus,
les forces de progrès ont souvent besoin d'un zeste
de saveur paulinienne pour épicer leur jus,
et fonder, d'une amère doctrine gnostique, la geste. 
Malgré l'anti-américanisme exposé,
dans Eric Zemmour beaucoup me rappelle Mark Steyn,
(peut-être en cite-t-il d'ailleurs la marque déposée ?)
il reprend, hors vergogne, toutes ses idées sans peine. 
Son courage intellectuel, aussi preux qu'il semble,
n'apparaît pas net à l'examen de la stèle,
il a beau se repaître de poses à la Revel,
jamais il n'aura, de Jean-François, pas de l'amble. 
Rien chez moi n'avance qu'il soit futile canasson,
je dis simplement qu'il se prend pour Michel Mourre,
(celui de Notre Dame,) minus l'érudition,
qu'il ne casse vaisselle dans l'église avec ses tours, 
Le Zemmour Amor n'est guère cet étrange affect
qu'on trouverait bizarre-bizarre, n'est point hasard,
ni effets d'aubaine ou de haine propres à une secte,
la gauche dure a déniché son cher cousin star. 
C'est un host qu'elle n'est pas prête a lâcher comme ça,
elle le léchera même le plus longtemps possible,
un surdoué à la sur-moelle de surmâle comme ça,
ne se voit tous les jours sous les atours d'une cible. 
Qu'on lui jette à l'épaule le manteau de M. Paul
tendu jadis par ce dernier à l'autre Marcel,
ne gêne Eric Z., "il y a pires fourriers et colle",
aucune aide ne se refuse en bloc dans sa nacelle.